www.Payot.ch
Panier
contient 0 article(s)
Votre liste contient 0 article(s)
contient 0 article(s)
AccueilNos livresNos autres produitsNos LibrairiesNotre Entreprise
Recherche simple Recherche avancée Recherche par thème
Français | English
Sélections
Imprimer cette pageRéduire le texteAgrandir le texte

Nathalie Rheims. thriller, kabbale et meurtres en série


Isabelle Falconnier, Cheffe de rubrique culturelle, L'Hebdo
17 septembre 2005

Et si la Bible n’était qu’une opération de communication du roi Josias? C’est l’intrigue archéologico-métaphysique que met en scène l’inclassable écrivaine dans un thriller érudit et haletant.

Nathalie Rheims © Michaël Zumstein / L'oeil public
Nathalie Rheims © Michaël Zumstein / L'oeil public
Elle en jette, la belle Nathalie. Avec sa crinièreblonde et ses yeux de fauve incendiaires, Nathalie Rheims, 46 ans, fille de Maurice, écrivain et académicien, soeur de Bettina, photographe, a fait irruption en 1999 dans l’univers nombriliste de la littérature française avec des livres inclassables, fantasques, mystiques et inspirés – L’Un pour l’Autre, Les Fleurs du Silence, L’Ange de la dernière Heure, Le Rêve de Balthus, ou encore le subtil Lumière invisible à mes yeux et ses photographies post mortem. Parfaitement dans l’air du temps, l’ancienne comédienne et son compagnon, l’éditeur Léo Scheer, livrent Le Cercle de Megiddo, un thriller archéologique qui mêle kabbale, astrologie, Bible, amour et malédictions: Maya, une jeune archéologue anglaise, part rejoindre à Megiddo, en Israël, le professeur Friedmann, son mentor, qui vient de faire une découverte sensationnelle – le tombeau du roi Josias, qui aurait commandé la Bible à des mages chaldéens, 600 ans avant Jésus-Christ… Mais à son arrivée, de curieux phénomènes se produisent et un compte à rebours impitoyable se met en marche. Douze meurtres, comme les douze signes du zodiaque, semblent devoir s’accomplir.

Isabelle Falconnier. Gros tirage, couverture alléchante, le tout pour un thriller archéologique du meilleur effet: vous voulez refaire le Da Vinci Code?
Nathalie Rheims. Le magazine Livres Hebdo a même appelé mon livre le Da Vinci Code casher… Non. Si j’avais voulu le faire, c’est que je serais très peu modeste. En outre, il n’y a rien de plus sûr pour se planter que se dire qu’on va copier un autre livre. Mais surtout, on ne peut pas m’accuser de surfer sur le mysticisme et les religions: il y en a dans tous mes livres! Même dans le premier, L’Un pour l’Autre, qui évoque la correspondance mystérieuse entre deux êtres, Charles Denner et mon frère mort… Je ne me suis absolument pas dit que j’allais prendre mon surf et voguer sur la tendance. Bien sûr, j’ai entendu des éditeurs commander clairement à des auteurs des Da Vinci Code bis mais, moi, je ne sais faire que ce que je sais faire. Si demain un éditeur me demandait d’écrire une autofiction en je pour en vendre un million d’exemplaires, je refuserais, je n’en serais pas capable!

IF. D’où vient alors cette envie de mêler kabbale, astrologie, archéologie, le tout sur fond de meurtres mystérieux?
NR. A la fin du Rêve de Balthus, Léo m’a offert un livre qui s’appelle La Bible dévoilée, du professeur Israël Finkelstein, directeur du département d’archéologie à l’Université de Tel Aviv, paru en 2002 en France. Ce livre audacieux raconte comment son travail de vingt ans prouve que la Bible aurait été commandée par le roi Josias à des scribes chaldéens pour justifier la conquête des territoires – déjà… Cette commande s’appelle L’Epopée de Gilgamesh. Un texte très connu en Allemagne par exemple, mais très peu en France. On y retrouve les grands traits de la Bible, de la Genèse à l’Exode et au déluge, entièrement décrits. La Bible ne serait qu’une reprise de cette Epopée de Gilgamesh, selon Finkelstein, qui démontre comment la Bible est devenue le texte fondateur alors qu’elle ne l’est pas. S’est mêlée à cette lecture interpellante l’envie de faire un roman ludique sur la kabbale, parce que je me suis rendu compte que, en dehors de voir Madonna, Arthur, Jenifer et les autres porter un bracelet rouge, personne ne sait ce que c’est que d’être kabbaliste. J’ai acheté le Zohar, le livre de référence de la kabbale, qui est aussi toute une histoire. Signé par un certain Moïse de León, qui a vécu au temps de l’Inquisition, le Zohar apprend à lire la Bible d’une façon particulière, et vous donne des clés pour mener votre vie terrestre et celle d’après. Je me suis aussi rendu compte que les Chaldéens étaient en quelque sorte les inventeurs de l’astrologie, ce qui m’a fortement intriguée. J’ai eu envie de mêler tous ces savoirs, toutes ces bases historiques véridiques, à du suspense, de l’action, pour en faire un grand roman d’aventure qui me fasse retrouver les sensations de l’enfance ou de l’adolescence, quand on se plongeait dans un roman haletant, que le temps s’accélérait et que l’on jubilait à chaque page, en se posant plein de questions… Mon père m’a transmis la passion de l’érudition, du savoir, de la curiosité. A moi de la transmettre à mon tour. Mais jamais sans plaisir ni jubilation!

IF. La thèse du livre d’Israël Finkelstein vous a-t-elle choquée? Si la Bible n’est pas le texte fondateur du christianisme, beaucoup de choses sont remises en cause…
NR. Ça m’a passionnée plus que choquée. C’est comme dans toutes les religions: on ne saura jamais réellement ce qui s’est passé. C’est la magie des religions. On ne sait pas si le Messie va arriver ou s’il est déjà arrivé, ou s’il reviendra. La religion a cela d’extraordinaire, quand elle est pratiquée pour les bonnes raisons – et non pour des raisons de haine et de pouvoir – que chacun peut y suivre son chemin. On peut se sentir proche du catholicisme et puis évoluer vers le bouddhisme, ou le judaïsme. Et en sortir grandi.

IF. Et vous,en quoi croyez-vous? En Dieu? En l’astrologie?
NR. L’astrologie s’apparente à ce que je ne suis pas dans la réalité, mais à ce que je suis dans l’écriture. Je ne crois malheureusement pas à grand chose d’irrationnel. Quand j’écrivais Lumière invisible à mes yeux, j’avais accompagné mon ami Marc Menant, qui anime l’émission Normal Paranormal sur Europe 1, voir des expériences d’écriture automatique, de métempsychose, de remontée des vies antérieures. J’ai tout essayé. Je n’ai rien vu du tout. Mais mon imaginaire de romancière reste fasciné. Et ça continue: en ce moment, c’est la magie qui me passionne, je lis tout ce que je peux sur le sujet. Certes, je crois en Dieu, mais comme la plupart d’entre nous. Sans savoir très bien pourquoi. Peut-être que les choses difficiles que j’ai traversées m’en ont rapproché. Le travail que j’ai fait pour L’Ange de la dernière Heure, qui mettait en scène cette jeune fille se cloîtrant dans un ordre contemplatif, m’a beaucoup touchée. Je suis Juive bien sûr, mais je ne suis pas attachée à une religion en particulier. Je les aime toutes, à partir du moment où elles sont pratiquées avec douceur et ferveur.

IF. Cette manie de mélanger les mystères de l’art,de l’histoire et de la religion remonte-t-elle à votre enfance?
NR. J’ai été élevée par un homme, Maurice Rheims, qui avait les pieds et la tête dans l’art. Nous avions deux types de promenade: dans les musées et dans les cimetières. J’ai donc très tôt intégré que l’art et la mort étaient mêlés. Tout comme la religion: nous étions une famille juive mais absolument pas pratiquante et, petite fille, j’ai été très jalouse en assistant à la première communion d’une amie – la robe, la croix autour du cou, tout cela me fascinait… Dès que j’ai pu, j’ai acheté des images pieuses, des chromos. Je trouve depuis toujours ce mélange d’art et de religion, de piété naïve et de mystère, fascinant. Les films qui m’ont fascinée ces dernières années sont d’ailleurs Les Autres d’Amenabar et Le Cercle, de Gore Verbinski. Du mystère, encore du mystère…

IF. Comédienne, journaliste, productrice... Quel fil conducteur vous mène à travers ces vies multiples?
NR. La curiosité. De la comédienne en moi reste surtout l’amour des textes. Le théâtre classique m’a beaucoup aidée à structurer une phrase. Racine, Bossuet, La Fontaine, Molière, restent les auteurs que je place au-dessus de tout. La production de films, c’est le moment où je vois beaucoup de monde, contrairement à l’écriture, qui est très solitaire. Mais je ne suis pas quelqu’un qui se pose beaucoup de questions, j’agis spontanément, par amour, par passion.

IF. Comédienne,vous n’étiez pas faite pour cela?
NR. J’ai arrêté très tôt, à 25 ans. Quand on écrit, on se met totalement en jeu, mais on met en jeu ce qu’on est, non pas ce à quoi on ressemble. J’avais un problème avec l’image, la séduction. Je me sentais prisonnière du regard des autres. L’écriture m’a libérée.
LE DERNIER RHEIMS
9782915280951.gif
Nathalie Rheims
Prix: CHF 38.50

SES AUTRES...
9782070421046.gif
Nathalie Rheims
Prix: CHF 4.30

9782070304936.gif
Nathalie Rheims
Prix: CHF 10.40

...LIVRES
9782070313204.gif
Nathalie Rheims
Prix: CHF 9.10

9782213620664.gif
Nathalie Rheims
Prix: CHF 23.80