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Nouveautés et sorties en poche, l’année s’annonce polaire côté roman policier. Petite virée au Nord.

Un huis clos, à Reykjavík
Unité de lieu et concentration dans le temps, La voix s'apparente à un drame classique. Le roman se déroule, entre le 19 et le 24 décembre, dans le huis clos d'un hôtel de luxe de Reykjavík. Le Père Noël et portier de l'établissement est retrouvé mort, assassiné dans le cagibi où il vit depuis de nombreuses années, le pantalon baissé, un préservatif pendouillant sur son sexe. Une fin scabreuse qui contraste avec la pureté de la voix de l'enfant prodige qu'il fut avant qu'une adolescence précoce ne mette tragiquement un terme à une prometteuse carrière. Pour mieux dénouer les fils de l'énigme, et fuir la solitude déprimante des fêtes, le commissaire Erlendur s'installe à l'hôtel. Entre les interrogatoires, les rencontres orageuses avec sa fille toujours tentée par la drogue et un coup de cœur pour une charmante biologiste, il craque devant le somptueux buffet de Noël, se régalant de harengs, de langue de boeuf ou de mouton fumé.
Banlieue chic, à Helsinki
Quelques milliers de kilomètres plus à l'est, Maria Kallio se réveille au printemps, parmi les merisiers en fleurs dans la banlieue chic d'Helsinki. Inspectrice de police devenue avocate, elle croyait enfin avoir trouvé l'amour et une certaine sérénité quand un meurtre endeuille la famille de son petit ami. La blonde Armi a été étranglée. Les soupçons se portent aussitôt sur Kimmo, son fiancé amateur de soirées SM. Deuxième roman traduit en français de Leena Lehtolainen, La Poisse (le surnom de la victime) fouille dans les demeures et les consciences de la bonne société finlandaise.
En vitrine, à Oslo
Retour en hiver avec L'homme dans la vitrine du Norvégien Kjell Ola Dahl. C'est par moins vingt que le commissaire Gunnarstranda enquête sur l'assassinat d'un antiquaire d'Oslo retrouvé nu dans la vitrine de son magasin. Mêlant récit et enquête avec un art cinématographique du suspense, l'auteur égrène les indices comme dans un jeu de piste. Bien malin qui devinera l'identité de l'assassin d'autant que, comme souvent dans le roman policier norvégien, l'histoire et la Seconde Guerre mondiale dressent en arrière-plan leur fantôme terrible et inquiétant.
A la dérive, en Suède
La Norvège et son passé trouble sont également à l'honneur au rayon poche où l'on retrouve avec plaisir La nuit, tous les loups sont gris de Gunnar Staalesen et Rouge-gorge de Jo Nesbø, deux grands noms du polar nordique. C'est en Suède toutefois que se rendront d'abord les amateurs de découvertes. Née en 1965 à Stockholm, petite-nièce d'Astrid Lindgren, la créatrice de Fifi Brindacier, Karin Alvtegen est en effet moins connue chez nous que ses confrères. Avec elle, pas de privé sagace ou de commissaire à la dérive pour mener l'enquête. C'est le lecteur lui-même qui, peu à peu, découvre la vérité avec le sentiment parfois de se retrouver lui-même en danger. Histoire d'un couple à la dérive, Trahie alterne ainsi les narrateurs pour brosser, avec une grande économie de moyens, les contours d'un monde bourgeois muré dans la jalousie, l'incommunicabilité et la haine. Tout bascule quand la folie s'en mêle. Pour les amateurs de malaises savamment tricotés et de frissons extrêmes. l