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«On peut tenir un Journal comme on tient un fusil, ou une place forte.» Les formules explosives de Maurice G. Dantec rendent son dernier ouvrage aussi dangereux à traverser qu’un champ de mines. Surtitré Le théâtre des opérations 2002 –2006, ce volumineux carnet de bord, refusé par Gallimard puis par Flammarion, a trouvé asile, ou plutôt «bunker» chez Albin Michel. Une série de métaphores militaires qui n’ont rien de gratuit: le quadragénaire converti au catholicisme, émigré au Québec, nous annonce la guerre. La fin de l’Occident, atomisé par des terroristes islamistes. Un «Ground Zero» universel, peuplé de groupes d’autodéfense et de miliciens barbus s’exterminant au fusil mitrailleur. Au fil du texte, l’écrivain œuvre à la manière de la boîte noire d’un avion, qui enregistre au jour le jour les signes annonciateurs du crash de l’appareil. Par exemple, les exactions commises par les «talibanlieusards», le racisme anti-Blancs, le nazislamisme, l’aveuglement des journalistes, toutes les «pleureuses démocrates». Au-dessus de ce champ de ruines planent trois mots ironiques, répétés à la façon d’un mantra: «tout va bien». l