www.Payot.ch
Panier
contient 0 article(s)
Votre liste contient 0 article(s)
contient 0 article(s)
AccueilNos livresNos autres produitsNos LibrairiesNotre Entreprise
Recherche simple Recherche avancée Recherche par thème
Français | English
Sélections
Imprimer cette pageRéduire le texteAgrandir le texte

JUIN 2008 : LES MEILLEURS LIVRES DE L'ÉTÉ




© Matthieu Gadoin
© Matthieu Gadoin

Les marchands d’art, ces héros suisses

Vous vous rappelez ? Une toile de Ferdinand Hodler, Landschaft imTessin, volée par une mystérieuse inconnue en 2006, réapparaissait tout aussi mystérieusement ce printemps dans les archives de la famille propriétaire. En février, quatre tableaux étaient volés à la Fondation Bührle à Zurich. Deux d’entre eux, un Monet et un Van Gogh, étaient retrouvés quelques jours plus tard dans une voiture sur le parking de la clinique psychiatrique Burhölzli à Zurich. Le mois dernier, un triptyque de Francis Bacon a été vendu aux enchères 86,2 millions de dollars à New York, lors d’une soirée où le marchand d’art Sotheby’s réalisait 362 millions de dollars, soit le montant le plus élevé jamais atteint pour une vente d’art contemporain. En quelques semaines, l’art se révélait être un monde fascinant, passionnant, mystérieux et hautement romanesque. Un univers qui valait bien un roman. Ce roman, Martin Suter l’a fait.

«Le dernier des Weynfeldt» (éd. Christian Bourgois) raconte comment AdrianWeynfeldt, expert en art chez Murphy’s et dernier descendant d’une richissime famille zurichoise, se retrouve mêlé à une affaire de faux Vallotton et de chantage de la part d’une rousse call-girl, l’énigmatique Lorena. On y croise de vieux bourgeois fortunés et maniaques, des artistes sans le sous abusant de la générosité d’Adrian, des gouvernantes dévouées qui espèrent, comme la feue mère d’Adrian, qu’il ne sera pas le dernier des Weynfeldt. Le personnage d’Adrian est parfaitement attachant: chaussé et habillé sur mesure, il garde en l’état la chambre où sa mère est morte, sait à peine ouvrir une bouteille de champagne et cultive un vieux chagrin d’amour. Il n’a jamais de bas, ni de hauts non plus,mais des meubles signés de l’architecte lausannois moderniste von derMühll. Il voulait être jockey ou peintre, mais parie aujourd’hui sur les courses de chevaux et vend des tableaux. Il se demande si ce n’est pas le prix qu’un amateur est prêt à payer pour une oeuvre qui en fait l’authenticité.

Martin Suter distille dans son livre suspense, sexe, alcool, passions, argent, malheur et bonheur. Un roman plus vrai que la réalité, la fiction que le monde des ventes d’art attendait. Parce qu’il faut la littérature pour se rendre compte qu’un Bacon à 80 millions de dollars, c’est tout sauf une histoire d’argent.

ISABELLE FALCONNIER, CHEFFE DE LA RUBRIQUE CULTURELLE DE L’HEBDO



Essais transformés !

Les débats autour des écrivains romands se focalisent généralement sur la seule création littéraire. La charge symbolique de ce domaine est telle qu’elle occulte quasi systématiquement tous les autres pans de la création intellectuelle, alors que la littérature ne représente qu’une partie de ce qui se publie. Il est pourtant d’autres genres dans lesquels des auteurs romands se distinguent par la qualité, mais aussi par la capacité à trouver un public.

Dans le domaine des essais et des ouvrages de sciences humaines, par exemple, de nombreux auteurs participent activement au rayonnement intellectuel de la Suisse et rencontrent le succès, souvent bien au-delà de nos frontières. Certes, dès lors que le sujet qu’ils traitent n’est pas spécifiquement «suisse», ils auront tendance à rechercher – et dans bien des cas à trouver– des éditeurs français, de façon à donner à leur travail une audience plus large. Une autre raison explique cette nécessité pour eux d’être publiés outre-Jura: si la Suisse romande compte de nombreux éditeurs de littérature, ils sont en revanche bien peu à développer de façon professionnelle et large un catalogue d’histoire, de sociologie, de philosophie ou, encore, de politique internationale, par exemple.

Pour illustrer ce propos, il n’est besoin que de citer quelques noms : Alexandre Jollien (publié aux Éditions du Seuil) figure systématiquement dans les listes des meilleures ventes, aussi bien en France qu’en Suisse; dans un autre genre, l’Histoire du Caucase d’Eric Hoesli (Editions des Syrtes) a atteint le score très étonnant des 10000 exemplaires vendus, dont les deux tiers en France, sur un sujet a priori peu «grand public». Et que dire du succès rencontré par Lytta Basset ou Rosette Poletti?

Ce printemps, deux nouvelles publications tout à fait remarquables viennent encore confirmer cette richesse. Tout d’abord le magistral livre de Luc van Dongen, maître assistant à l’Université de Lausanne, Un purgatoire très discret (Perrin), qui nous raconte la transition «helvétique» d’anciens nazis, fascistes et collaborateurs après 1945. Michel Beuret, chef de la rubrique «monde» à L’Hebdo et Serge Michel, son prédécesseur à ce poste et actuel correspondant du Monde en Afrique, nous proposent quant à eux Chinafrique (Grasset), la première enquête sur ce «Far West africain de la Chine», un phénomène passionnant et encore inexploré qui pourrait offrir au continent africain l’occasion d’un véritable boom économique.

Une telle diversité, associée à une telle qualité, est réjouissante à plus d’un titre.

PASCAL VANDENBERGHE, DIRECTEUR GÉNÉRAL PAYOT LIBRAIRE


La brillante romancière livre, avec «L'ombre du caméléon», une enquête fascinante dans le monde de la mémoire sur fond de guerre en Irak et de soldats traumatisés.

De Richard McCann à Norah Lange, les souvenirs acidulés de nos jeunes années s’étalent avec une douce impudeur dans les pages de l’été.

« Je suis très dure avec moi. Quand le livre sort, je ne l'aime plus. J'ai envie d'y foutre le feu ».

La production romanesque pléthorique nous promène dans l'histoire tourmentée de Jean Calvin, celle de Montespan, maîtresse de Louis XIV, du pauvre Charles Dickens ou encore celle, mystérieuse, de la cathédrale Santa Maria del Mar à Barcelone.

Les rééditions en format compatible avec la plage ou l'avion sont l'occasion de (re)découvrir des auteurs passionnants comme Truman Capote, Antonio Muñoz Molina, Jay McInerney ou le Norvégien Per Petterson.

L'univers des polars s'est élargi de manière fascinante. Du thriller psychologique au classique roman policier, de la vengeance des élèments imaginée par Frank Schätzing à la vengeance d'un père de la Québécoise Marie Laberge, il y en a pour tous les goûts.

Les essais ont le vent en poupe, qu'ils s'intéressent à la politique, aux modes de vie ou à nos bobos de l'âme. Du témoignage du capitaine de l'Exodus à l'analyse de notre besoin sécuritaire par le Genevois François Walter, le choix est plus vaste que jamais.

Les écrivains prennent la jeunesse très au sérieux. Des secrets de famille de Béatrice Hammer à la Jane Austen revisitée par Anna Godbersen, en passant par le slam de Edgar Sekloka, ça valse du côté des parutions pour les adolescents.

Dernières nouvelles de San Francisco. Avec «Michael Tolliver est vivant», Armistead Maupin retrouve ses héros des «Chroniques de San Francisco» et réussit la transition des années 80 à aujourd'hui.
  • Polars chinois - La Chine sous la loupe du polar
  • Kalpana Swaminathan - Saveurs assassines
  • Masako Bando - Les Dieux Chiens
  • Marc Ferro - L’histoire à grandes chevauchées
  • Lucía Etxebarria - L’amour toujours
  • Robert Neuburger - Coupables !
  • Henry Roth - Devenir Américain
  • Paule Constant - Meurtre passion
  • Pauline Melville - Éclipse en Guyane
AU SOMMAIRE

ENTRETIEN.
-Minette Walters

VOGUE. Le parfum de l’enfance

PRIVÉ. Albertine

ROMANS

POCHE

POLARS

ESSAIS & DOCUMENTS

JEUNESSE

CRITIQUES I. Armistead Maupin

CRITIQUES II. Polars chinois, Polar indien, Polar japonais

CRITIQUES III. Marc Ferro, Lucia Etxebarria, Robert Neuburger

CRITIQUES IV. Henry Roth, Paule Constant, Pauline Melville