www.Payot.ch
Panier
contient 0 article(s)
Votre liste contient 0 article(s)
contient 0 article(s)
AccueilNos livresNos autres produitsNos LibrairiesNotre Entreprise
Recherche simple Recherche avancée Recherche par thème
Français | English
Sélections
Imprimer cette pageRéduire le texteAgrandir le texte

Les carnets de voyage


Isabelle Falconnier, Cheffe de rubrique culturelle, L'Hebdo
18 juin 2005

À l'heure des grands départs, rappelons que voyager n'est pas anodin. Qu el'on peut faire du tourisme, et le raconter, autrement. La profusion de nouveautés en matière de littérature de voyage donne une belle idée des différents usages du monde.

© Adrian Weinbrecht / Getty Images
© Adrian Weinbrecht / Getty Images
«On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.» C’est Nicolas Bouvierqui écrit ces lignes en 1963, en dérivant avec bonheur entre Genève et le Khyber Pass afghan. C’était il y a quarante ans et pourtant,elles sonnent plus actuelles que jamais aux oreilles des lecteurs. Qui continuent à s’arracher les œuvres du flâneur émerveillé, L’Usage du monde en tête. Plus que jamais, à l’heure des «easy» voyages et du village planétaire, il se trouve des Sarah Marquis (L’Aventurière des sables), des Bernard Ollivier (Longue marche) pour perpétuer Bouvier, et célébrer Montaigne pour qui la «visite des pays estrangers» signifiait «frotter et limer nostre cervelle contre celle d’autruy.» Tout est là. Buchet-Chastel ne s’y trompe pas, qui lance un Journal des lointains pour renouer avec la revue de voyage et, «à rebours de la création littéraire ambiante, repliée en ses préoccupations égotistes», se «féconder au contact de l’inconnu, de l’autre, dont on a oublié que sa fréquentation pouvait être fructueuse», comme l’écrit son directeur Marc Trillard.

Se frotter à autrui, aux bruits, aux odeurs, à la chaleur, aux paysages parfois déroutants, parfois insaisissables, toujours fascinants – et l’écrire. Fabienne Verdier a 20 ans lorsqu’elle quitte tout pour la Chine et les secrets de sa peinture. «Une force tellurique me poussait à m’envoler, sans savoir où j’allais ni comment m’y prendre. (…) Il était temps de partir découvrir le monde.» Passagère du silence, chouchou des lecteurs depuis de longs mois, raconte le choc de la rencontre avec l’Asie, le décalage avec une Chine fantasmée. Mais la jeune femme se met en chemin parce que «c’était une question de survie». Même urgence dans Afrika Trek, qui raconte les 14 000 kilomètres que parcourent Sonia et Alexandre Poussin «dans les pas de l’Homme», soit trois ans de marche le long de la vallée du Rift, en Afrique, pour refaire symboliquement le voyage du premier homme, de l’australopithèque à l’homme moderne. En fond, entre les rencontres avec les rebelles du Transvaal ou les planteurs de canne à sucre du Malawi, une seule question: quel est le propre de l’homme? Et, en question subsidiaire mais sans plus de réponse: que venez-vous faire ici? Rien, ou tenter d’écrire un roman, répond Jean-Bernard Vuillème dans ses Carnets des Malouines désabusés. Unique touriste à Stanley, sur cet archipel perdu à 400 kilomètres des côtes argentines, il ne rencontre a priori que le vent, le froid, du sable à perte de vue, une nature immense, une société recroquevillée. A priori, parce que le hasard n’a pas cours au pays des semelles de vent, et que l’on rencontre toujours bien autre chose que ce que l’on voit, quelque chose de l’ordre du hasard et de l’absurde.

Comme Blaise Hofmann, un jeune Morgien qui, en décembre 2001, décide de partir, sans savoir où ni combien de temps. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il ne prendra pas l’avion, et qu’il ira jusqu’à Vladivostok en Transsibérien. Billet aller simple, au succès étonnant pour une parution à compte d’auteur, raconte comment au fil des nuits dans les gares, des thés bus avec des paysans du Pakistan et des crises de malaria, il finit par se sentir «habitant de la planète».

Je est un autre, ou plutôt je est l’autre, disent avec un égal bonheur ces fascinants Carnets d’explorateurs français au XIXe siècle. Des esquisses de René Cailler tirées de ses Notes de voyage à Tombouctou de 1827 aux notes hétéroclites d’un François le Saint, mêlant conseils hygiéniques et listes d’injures en langue arabe, explorateurs solitaires, scientifiques ou marchands veulent tous se confronter au grand mystère africain, se demandant implicitement ce qu’il restera d’eux une fois que l’Afrique les aura avalés.

Rien, répond Mikhaïl Chichkine. A la manière d’un pèlerin sur les traces d’un autre pèlerin, le Russo-Suisse a mis ses pas Dans les pas de Byron et Tolstoï. Du lac Léman à l’Oberland bernois, il cherche, entre chemins caillouteux, pâturages et matins frais, à découvrir comme Tolstoï «où est Rousseau en lui et où il en est avec lui-même». Pour cela, une seule chose à faire: soustraire, se dépouiller de ce qui nous est étranger. A vos plumes, prêts, partez.
Carnets...
9782221093542.gif
Alexandre Poussin, Sonia Poussin
Prix: CHF 40.30

9782020800396.gif
Olivier Loiseaux
Prix: CHF 50.40

...DE VOYAGES
9782226141859.gif
Fabienne Verdier
Prix: CHF 39.40

9782882501592.gif
Mikhaïl Chichkine
Prix: CHF 33.00

9782881825217.gif
Jean-Bernard Vuillème
Prix: CHF 20.00