www.Payot.ch
Panier
contient 0 article(s)
Votre liste contient 0 article(s)
contient 0 article(s)
AccueilNos livresNos autres produitsNos LibrairiesNotre Entreprise
Recherche simple Recherche avancée Recherche par thème
Français | English
Sélections
Imprimer cette pageRéduire le texteAgrandir le texte

PRIVÉ. Roger Pfund


Isabelle Falconnier
23 novembre 2006

Viveur, Joueur, Dessineur

Eddy Mottaz
Eddy Mottaz

On le voit, on l’aime. Il fait tout pour, il faut dire. Vin, bise, sourire, chaleur. Sa barbe ne pique pas, il aime le rouge, celui de la Valaisanne Marie-Thérèse Chappaz, l’ocre dont il a badigeonné les murs de sa ferme rénovée d’Humilly, dans la campagne franco-genevoise, à vingt minutes de l’Atelier de communication visuelle qu’il dirige à Carouge. Le rouge des tomates-cerises qu’il arrose généreusement d’huile d’olive de Palestine. Parce que la vie est un combat, qu’il n’y a pas de petits combats.

On entre par la cuisine – tout un symbole. Les pièces s’enfilent les unes dans les autres, biscornues et familières. Un salon aux fauteuils noir et rouge, cour intérieur, jardin peuplé de palmiers et d’oliviers. Un coin de sud au nord. Dans son atelier, des tableaux en vrac, des piles de disques - jazz et musique indienne, Coltrane, Miles, Tom Waits. Les Gitanes au frigo, la cave à vin collée à l’atelier.

Roger Pfund publie le troisième tome de ses œuvres complètes, soit PfundI, après Pfund Ien 1993 et Pfund I en 1999. Il a 63 ans, six enfants de 22 à 38 ans, en additionnant ses trois et les trois de sa femme et associée Yvette Clerc, et il est très ému. «Je sais que ce sera le dernier. Trois monographies de mon vivant, c’est un rêve réalisé. Je suis fier et heureux de montrer l’histoire d’une vie consacrée à mes passions.» Ce troisième tome, c’est la «boulimie organisée», la diversité rigoureuse. Défilent les tableaux, La Callas, Rimbaud ou Nijinski, le panthéon des icônes personnelles de Pfund, visages devenus paysages dans lequel le peintre se promène. Les affiches du Grand Théâtre de Genève. Des rapports d’entreprise, le livre officiel Alinghi, une pour le Département des finances de Genève sous Calmy-Rey, le concours pour l’Euro en 1996, le passeport suisse en 2003, des specimen novateurs sur polymer, le «Baiser du départ et de l’arrivée» à l’aéroport de Genève. A tout, il croit profondément, et c’est peu dire que ça se voit. «Rabelaisien sensible», écrit en préface son ami Roger de Diesbach. «Une éponge», renchérit l’historien d’art Jean-Christophe Amman. «Un fanatique de la précision qui perd de vue le détail pour savoir l’installer comme nuance en un tournemain, à la dérobée, avec souveraineté.» «Roger (…) a trouvé sa propre permanence entre la vie réelle et la vie rêvée», conclut Alexis Favre, le fils de son épouse, journaliste et photographe.

Quand il était enfant, à Berne, on se moquait de son nom, de ce qu’il ne pesait qu’une Pfund, même pas un kilo. Depuis, il en a fait une carte de visite en plomb de 249 grammes. Père bernois, représentant de commerce, mère bourguignonne. «Mes origines suisses allemandes m’ont aidé à être précis et organisé. Mais je suis surtout latin, j’ai l’ouverture de ma mère. Qui cuisinait divinement. Elle nous avait avec des filets mignons à la crème. Redoutable.» Il vit du jazz avant que le concours lancé par la Banque Nationale Suisse pour dessiner de nouveaux billets en 1969 ne le propulse à fond dans le graphisme. Il rêve du sud de la France mais s’installe à Genève, se marie une fois, deux fois, trois fois. Comme il profite des jours de congé pour peindre, il ne part jamais, ne va jamais dans son chalet de St-Luc. «Je suis un mauvais mari pour ça.» Devant la maison, deux hautes colonnes ramenées d’Inde encadrent un bel olivier. Tout un symbole. l

Sommaire
Pour poursuivre votre lecture :
À LA UNE

BEAUX-ARTS
Ses livres
9782828907396.gif
Tim Jeffery
Prix: CHF 108.00