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L’écrivain égyptien de langue française Albert Cossery, romancier et conteur du petit peuple du Caire, s’est éteint le 22 juin à Paris à l’âge de 95 ans.

Nulle destinée n’est plus enviable que celle qui permet de réaliser le projet que l’on s’était donné, et de ce point de vue c’est un homme heureux que pleure le monde des lettres aujourd’hui. Albert Cossery avait en effet érigé simplicité des moyens et oisiveté au rang des beaux-arts, et se tint toute sa longue vie à ce principe, ne livrant en soixante-huit ans de carrière que sept romans ou recueils de nouvelles traversés de cette même philosophie qu’incarnent au zénith les Fainéants dans la vallée fertile [Joëlle Losfeld, 1999], héros d’une tragi-comédie dont la paresse tire les fils. Vivant depuis près de soixante ans dans le petit hôtel de Saint-Germain-des-Prés où il avait trouvé asile lors de son arrivée à Paris, il n’avait presque jamais « travaillé » réellement, mais fréquenta en dilettante professionnel les artistes en vogue de son temps, chanteurs, peintres ou écrivains. Et il ne serait pas injuste de dire que la vie de bohème, par laquelle il entretint son talent pour la nonchalance, fut son milieu d’étude, auquel il se consacra avec abnégation et au prix d’un fort modeste niveau de vie « Deux phrases par semaine » disait-il de son rythme de rédaction !
Fils d’un petit notable qui lui fit donner une éducation à la française, Albert Cossery était né au Caire en 1913, et d’une certaine façon ne quitta jamais la ville. Il avait gardé de Paris, visité à 17 ans, une impression assez forte cependant pour en faire son port d’attache dès après le second conflit mondial, débarquant avec pour toute carte de visite un recueil de poésie [Les morsures, 1931] et un autre de nouvelles, Les hommes oubliés de Dieu, édité au Caire dix ans plus tard. Mais c’est en réalité toute l’Égypte, misérable et splendide, que cet exilé brillant et désargenté apportait dans son maigre bagage, et les sept romans qu’il fit paraître peu à peu – le dernier en 1999 seulement, il avait 86 ans ! – sont de fait une ode unique et merveilleuse au petites gens de son pays. Par politesse pour sa terre d’accueil, par crainte de la facilité peut-être, Albert Cossery avait choisi l’humour tendre, voire la dérision féroce, pour parler d’une vie désormais enfuie mais dont le soleil, à n’en pas douter, lui manquait rue de Seine. Paysans madrés, citadins pauvres mais doués pour la sieste, filles faisant le désespoir de leurs parents ou petits fonctionnaires ridiculement tyranniques, ces vies minuscules et d’un burlesque achevé ne survivent à leur dénuement matériel que par la force d’une philosophie ironique sur l’inéluctable pauvreté et les injustices du monde, et d’un amour forcené pour Le Caire : la métropole folle et inoubliable est, en filigrane, la véritable héroïne de Mendiants et orgueilleux [1955], Un complot de saltimbanques [1975] ou Les couleurs de l’infamie [1999]. Tombée sous le charme de cet auteur opiniâtrement indolent, conteur érudit au cœur de la vie parisienne, l’éditrice Joëlle Losfeld a eu l’intuition dès 1993 de rééditer toute l’œuvre de son ami, le ramenant avec délicatesse à la vie littéraire – sans que cela lui demande le moindre effort ! I
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Albert Cossery, Editions Joëlle Losfeld, Arcanes, Broché, 2000, 133 pages
Prix : CHF 15.10
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Albert Cossery, Editions Joëlle Losfeld, Arcanes, Broché, 2000, 221 pages
Prix : CHF 17.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 3) |
Albert Cossery, Editions Joëlle Losfeld, Arcanes, Broché, 2000, 178 pages
Prix : CHF 19.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Albert Cossery, Editions Joëlle Losfeld, Arcanes, Broché, 1999, 144 pages
Prix : CHF 13.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Albert Cossery, Editions Joëlle Losfeld, Arcanes, Broché, 1999, 194 pages
Prix : CHF 16.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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