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Un livre et une grande exposition marquent le 50e anniversaire du WWF, né à Morges en 1961. Bien des choses ont bougé depuis !

Morges, en 1961, a surtout des préoccupations récréatives : les remblais abandonnés par la toute nouvelle autoroute lui permettent de créer enfin ce petit port que les plaisanciers réclament, il est bruit de la construction d’une future piscine aux dimensions olympiques, et on prépare déjà les festivités qui marqueront quelques mois plus tard le 5e anniversaire du jumelage de la « bonne ville de Morges » avec « l’heureuse Commune de Vertou », bourgade nantaise vouée au muscadet, avec lequel les cépages de la Côte se sont sentis des affinités. Une atmosphère, donc, bien éloignée de la Guerre Froide et du mur qui, cet été-là, va larder Berlin d’une cicatrice historique... Un lieu neutre, serein et coquet, qui se soucie de recycler les déchets de chantier, de gérer ses plans d’eau, d’échanger ses connaissances viticoles – exactement ce qu’il faut à Sir Julian Huxley, Secrétaire général de l’Unesco et fondateur de l’Union internationale pour la nature ! Ce scientifique, effaré par les dégâts infligés à la flore et à la faune africaine, n’a pas eu de peine à convaincre deux ornithologues britanniques, Max Nicholson et Peter Scott, et un homme d’affaires d’origine tchèque, Victor Stolan, de créer de toute urgence un fonds mondial pour la protection de la nature : ce sera le WWF, génialement incarné par la bouille du panda Chi-Chi tout juste recueilli au zoo de Londres.
Le World Wildlife Fund [devenu World Wide Fund for Nature en 1986, et simplement WWF en 2001], est donc né à Morges en 1961. Mais, affreux détail, le 11 septembre – on comprend que les organisateurs de son cinquantenaire n’aient pas tenu à se mêler à d’autres commémorations, et préféré jouir sans attendre d’un été entier pour évoquer, livre et exposition à l’appui, ce demi-siècle de combats écologiques ! Car passer pour des empêcheurs de saccager en rond ne traumatise pas les vingt-quatre bureaux nationaux du WWF, qui gèrent chaque année une fortune pour empêcher la planète de dépérir trop vite. Gigantesques ou minuscules [en 1962, un paysan indien reçut un subside de 131 $ pour compter les ânes sauvages survivant dans sa province… ce qui permit d’organiser leur survie !], les plans d’action ont presque toujours fait obstacle aux intérêts privés ou nationaux, qu’il s’agisse de sauvegarder des animaux chassées, de défendre des espaces aussi menacés que la forêt amazonienne ou le delta du Guadalquivir, de légiférer sur les trafics d’espèces animales ou végétales rares, de créer des réserves défiant l’exploitation aveugle. Et même de protéger les paysages naturels suisses contre les promoteurs…
Cette longue et belle histoire, qui par certains aspects ne fait que commencer – le développement durable, le changement climatique, la biodiversité sont aujourd’hui des fers de lance – trouve actuellement un écho dans deux événements destinés au grand public. Le premier, il y a quelques semaines, fut la publication deWWF, cinquante ans au service de la nature de l’historien suisse Alexis Schwarzenbach, en faveur de qui s’ouvrirent pour la première fois l’ensemble des archives : il raconte non seulement les grandes étapes d’une histoire mouvementée, mais analyse l’évolution « psychologique » de cette institution qui s’adapte en permanence aux urgences de la planète. Pour mieux comprendre comment cela fut et reste possible, il est d’ailleurs intéressant de revenir en parallèle sur un recueil d’entretiens paru l’an dernier, Luc Hoffmann, l’homme qui s’obstine à préserver la Terre, portrait par Jil Silberstein du biologiste héritier du groupe pharmaceutique bâlois, co-fondateur en 1961 du WWF International dont il fut trente ans le vice-président. Le second jalon de l’anniversaire est posé à Zurich, au Musée National [dont Alexis Schwarzenbach est le conservateur], qui accueille jusqu’à l’automne une passionnante exposition WWF : une biographie, modules d’écosystèmes ou reconstitutions historiques complétés par le « jardin d’empreinte écologique » et d’un programme d’activités liées.
Aujourd’hui, le panda au doux regard habite à Gland [mais il ne sait pas chez qui, c’est un don anonyme qui a permis au WWF de disposer de nouveaux locaux mieux adaptés à l’envergure de ses énormes réseaux d’activité…] Et pour son cinquantième anniversaire, l’organisation a reçu un étrange cadeau : le gouvernement chinois, jusqu’alors incommensurablement fier de son pharaonique barrage des Trois-Gorges, vient de reconnaître les problèmes environnementaux et sociaux que la domestication outrancière du Yangtse avait provoqués. Mieux, il a annoncé diverses mesures pour commencer à essayer d’enrayer les méfaits les plus criants. La prise de conscience écologique contre l’arrogance politique, l’un des meilleurs apports du WWF. Bon anniversaire Chi-Chi !
| 1) |
Martine Chalvet, Seuil, L'univers historique, Broché, 2011, 351 pages
Prix : CHF 33.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Sébastien Folin, Editions Florent Massot, Broché, 2011, 222 pages
Prix : CHF 34.60
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 3) |
Yves Paccalet, Arthaud, Broché, 2006, 198 pages
Prix : CHF 26.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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