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Une fois n’est pas coutume, la science-fiction regarde dans le rétroviseur et s’offre quelques anniversaires, ponctués d’une Anthologie romande originale !

Anticipation et bougies d’anniversaire, voilà qui ne semble pas très compatible… mais la science-fiction ne peut-elle pas tout, surtout si ça n’existe pas ? L’un des domaines les plus florissants de la littérature mondiale se prépare en effet quelques anniversaires historiques, dont celui de 20'000 lieues sous les mers [1869], le premier des romans de Jules Verne à exploiter de véritables innovations technologiques avec un peu d’exagération tout en restant crédible. Le déjà culte et classique cycle d’Hyperion, de Dan Simmons, est un « bleu » [1989], mais Frankenstein a cent quatre-vingt-dix ans, ans, La guerre des mondes de Wells cent dix… et toujours célèbres, actifs, adaptés, copiés, quel punch !
C’est qu’aux glorieux ancêtres s’est rapidement jointe une cohorte de romans, de héros et d’auteurs de plus en plus conscients de leur force et de leur autonomie littéraire : en juillet 1939, alors que sur le Vieux Continent l’Allemagne nazie s’apprête à mettre le feu aux poudres de la Seconde Guerre mondiale, a lieu en grandes pompes à New York la première Convention mondiale de la science-fiction, amicalement appelée « Worldcon » par les amateurs de tous pays qui l’entourent depuis de soins attentifs ! En pleins préparatifs à Montréal, où elle se déroulera en août, la Convention 2009 se prépare à décerner son très attendu Hugo Award, le « Nobel de la SF », qui perpétue le souvenir de l’auteur et ingénieur américain Hugo Gernsback, initiateur enthousiaste en 1929 de Science Wonder Stories, le premier magazine spécialisé – et qui inventait le terme de « science-fiction » par la même occasion ! Les critères du Prix Hugo, au fil du temps, ont suivi de très près les évolutions d’un domaine littéraire devenu un genre à part entière : science-fiction « pure », fantastique, anticipation, fantasy, mais aussi cinéma et séries télévisées. L’attribution au juvénile Harry Potter et la coupe de feu, en 2001, fut un petit scandale aujourd’hui parfaitement digéré, et le Prix s’est même ouvert à la politique-fiction en couronnant l’an dernier l’ébouriffant et inclassable Club des policiers yiddish de Michael Chabon !
Politique-fiction aussi que ce chef-d’œuvre dont on marque tout juste le soixantième anniversaire [8 juin 1949]: 1984, de George Orwell, considéré comme l’un des cent meilleurs romans jamais écrits en anglais ! Avec un sens aigu du danger qui menace l’Occident à peine sorti de la guerre, la parabole faussement futuriste – qu’Orwell, contre son éditeur, voulait intituler… 1949 ! – synthétise avec une précision chirurgicale les dérives du stalinisme, seul système totalitaire triomphant des ruines du conflit mondial. Ironie de l’Histoire, c’est, alors qu’a rouillé le Rideau de Fer, la dictature du Myanmar qui maintenant incarne à la perfection le prototype totalitaire d’Océania, et sa junte un Big Brother troublant de similitude. Orwell le socialiste, l’ancien soldat en Birmanie ouvertement scandalisé par l’autorité qu’y imposait la Grande-Bretagne, mourut en 1950, dix ans trop tôt pour voir sombrer son pays d’adoption et comprendre à quel point il s’était montré prophétique…
Qui dit anniversaire dit rétrospective, ce qui souvent ne va pas sans une sorte de sérieux obligatoire… mais rien de tel avec les Défricheurs d’imaginaire, Anthologie historique de science-fiction en Suisse romande [Campiche], patiemment compilée par Jean-François Thomas ! Le nom de cet amateur éclairé est familier aux lecteurs de quotidiens romands, car rares sont entre Arve et Thièle les spécialistes d’un genre aussi strictement codé… On n’en goûtera que davantage le sel de cette anthologie extrêmement sérieuse mais agréablement loufoque, qui ose – signe de maîtrise – mêler les style, les écoles, les auteurs, au point que le plus béotien ou réfractaire lecteur y trouvera plaisir ! De 1884 à 2004, toute plume romande que chatouilla le fantastique [l’humour noir et la critique sociologique y font, d’ailleurs, plus de ravages que des robots ou des virus inconnus] y figure en effet, et on est surpris – c’est-à-dire « déçu en bien » ! – de lire ainsi Édouard Rod et Rolf Kesselring, Léon Bopp et Georges Panchard, Jean Villard-Gilles et
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Jules Verne, Elcy, Hetzel, Broché, 2005, 200 pages
Prix : CHF 14.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 2) |
Aldous Huxley, Pocket, Pocket, Poche, 2006, 155 pages
Prix : CHF 9.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 3) |
Robin Renucci, Denis Lavant, Marie-Hélène Fournier, Frémeaux & Associés, Livre audio, 2005, 12 pages
Prix : CHF 30.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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