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Une escapade lointaine à Noël ? Pas toujours facile à organiser… Mais pourquoi ne pas inviter le monde au pied du sapin, pour changer ?

Il est parfois pénible d’expliquer simultanément aux grands-parents qui se réjouissent, à un patron qui jongle avec les horaires, aux collègues qui ont eu la même idée et au contrôleur des impôts très branché « versement complémentaire » que, cette année, on irait bien passer le réveillon loin d’ici, où on fête Noël autrement. Mais si la fortune, l’autorité naturelle ou le culot font défaut, rien n’est perdu ! Car différentes, lointaines ou franchement exotiques, les traditions de Noël sont ce qu’il y a de plus facile à « importer » : elles s’invitent volontiers et, suivant leurs origines, mettent les fenêtres, terrasses ou palier au diapason, bouleversent de fond en comble l’ambiance du salon, et surtout mettent un désordre joyeux dans la cuisine – pour ne rien dire du bar ! Tout cela sans forcément se ruiner, car inviter le monde à sa table est d’abord affaire d’ouverture d’esprit et d’imagination. Et tant pis pour les voyagistes – de toute façon ils se plaignent tout le temps…
La fortune vient des lentilles -
Difficile d’oser supprimer la dinde, le sapin, la bûche sans provoquer un scandale ? Dans ce cas, c’est le moment de se souvenir que les symboles de « notre » Noël viennent en fait d’ailleurs : au XVIe siècle, les marins portugais ramenèrent la « poule de Numidie » [pintade] d’Afrique et les Espagnols la dinde d’Amérique latine, et il y avait déjà quatre cents ans que Gengis Khan avait mis le khaviar au menu ! Quant au sapin, trésor des forêts germaniques, il est l’ultime avatar des verdoyantes coutumes celtiques et romaines. Tiens, en parlant de Rome : alors que nous sommes très influencés par les traditions allemandes [pains d’épices], anglaises [dinde farcie, déco en rouge et vert] ou scandinaves [saumon fumé, vin chaud], les festivités du Sud tout aussi proche sont quasi inconnues – pourquoi ne pas commencer par là ? Le turron espagnol, le panettone italien ont facilement passé les frontières, mais pas la belle carpe farcie – sans doute héritée des Juifs espagnols chassés ! - ni la savoureuse bacalhau de Natal [morue en brandade], ni le capitone [anguille grillée], ni le cochon de lait, dommage… D’autant que d’autres usages les accompagnent, plaisants à intégrer : au-delà des Pyrénées on laisse à la porte un panier de friandises pour les passants, au pays des amandiers une petite table gourmande reste dressée toutes les Fêtes pour accueillir dignement tout visiteur ; quant aux Italiens, ils additionnent un repas « maigre » [façon de parler !] avant la Messe de minuit, et un repas copieux après… ce qui nécessite deux jours fériés ! Et pourquoi ne pas adopter le Noël grec qui, au lieu de se confiner chez, soi se fête dans la rue et de maison en maison, entre voisins ? Certes le climat s’y prête, mais ce serait l’occasion d’étrenner justement les écharpes douces et les gants fourrés trouvés sous le sapin ! L’Est, ouvert sur l’Orient des Mages, est riche lui aussi de traditions culinaires, dépaysantes et appétissantes : bœuf braisé, lentilles porte-bonheur, beignets, succulents « pain du Réveillon » aux céréales et fruits locaux etc, des plats pas sorciers pour un festin divin. Avec, en prime, l’avantage de répartir la fête sur plusieurs jours, puisque les Polonais ou les Roumains, pour des raisons très différentes, marquent la nuit de Noël, tandis que les Orthodoxes, respectant le calendrier julien, la célèbrent aux Rois, le 6 ou 7 janvier ! Revers de la médaille : la bombance est précédée d’un sec « carême de Noël »… mais la bonne conscience des gourmands est ensuite totale ! En Tchéquie, les repas des Fêtes sont d’ailleurs appelés « suicide à coup de cuillère et fourchette », ainsi d’ailleurs que de vodka ou tsuica [eau de vie], dont ils sont généreusement arrosés ! Les plus réalistes fêtards sont de ce point de vue les Groenlandais : pas de demi-mesure, le pont férié va carrément de Noël aux Rois, et que la fête continue ! C’est, de toute la tradition européenne, la plus tentante - mais hélas la moins facile à acclimater…
Chauffer Noël -
Presque aussi gaillards, les Inuits s’éclatent pour Sin Tuk, sortes de J.O. d’hiver faits de jeux, spectacles et agapes dans la nuit polaire. Cette célébration joyeusement décalée, presque laïque, illustre bien l’étrangeté de Noël dans le monde non-européen, où la christianisation et la colonisation ont imposé une fête standard, rendue différente pourtant par le climat et la persistance plus ou moins discrète des traditions locales. L’Amérique latine ou les Antilles, avec leurs explosions de bruit et de musique dans la rue – il y fait chaud ! - voient typiquement cohabiter christianisme et coutumes païennes, assortis de spécialités culinaires librement adaptées ! Essayez de remplacer les sempiternelles chips par des tamales [chaussons de maïs fourrés] ou d’agrémenter la dinde d’une sauce au cacao amer, comme le faisaient déjà les Aztèques, et vous verrez… Bien sûr, l’été austral permet d’envahir les rues de manifestations colorées plus facilement que le verglas qui nous permet, à nous, de passer Noël dans le plâtre, mais qu’est-ce qui empêche de mettre un CD latino plutôt que Jingle bells, de bricoler une piñata [figurine farcie de bonbons] multicolore pour les enfants, de réaliser une crèche géante sur son balcon ? D’accord, pour le bain de minuit cher aux Brésiliens il faudra sans doute faire l’impasse, mais ce n’est pas une raison pour ne pas déboucher la tequila ! Ou le rhum, qui ne contribue pas peu à l’expression des Antilles signifiant l’Avent : « chauffer Noël » ! Dans une ambiance de carnaval avant l’heure, on y prépare le cochon annuel, mais aussi les langoustes… et les boissons au rhum. Même sans une bonne recette de shrubb [alcool blanc à l’orange], il est impossible de rater le ti-punch coco : une noix de coco, assez de rhum pour remplir sa cavité, et un mois de macération avant la paille et les glaçons… Inspirés ? Alors foncez – et si vous craignez de vexer votre poinsettia [étoile de Noël], souvenez-vous que lui vient tout droit du Mexique ! |
| 1) |
John Grisham, Pocket, Pocket, Poche, 2004, 214 pages
Prix : CHF 11.50
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 2) |
Luc Dualas, Editions Anabet, Pamphlet, Broché, 2007, 87 pages
Prix : CHF 18.10
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 3) |
Eric Momus, Editions du Rocher, Petite anthologie de la dérision, Poche, 2007, 94 pages
Prix : CHF 8.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Jérôme Ripoull, Editions du Rocher, Broché, 2007, 172 pages
Prix : CHF 28.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Allan Pease, Barbara Pease, Editions Générales First, Broché, 2007, 376 pages
Prix : CHF 37.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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