|
| ||
Payot Libraire est partenaire de la Maison d’Ailleurs, à Yverdon, pour l’exposition consacrée à Lovecraft et au Livre de la raison : le catalogue est en vente exclusive dans nos librairies, et l’entrée à « L’expo qui rend fou » offerte à ses acheteurs !

À l’occasion du 70e anniversaire de la mort de H.P.Lovecraft, la Maison d’Ailleurs, à Yverdon, a invité une centaine d’artistes à improviser sur un manuscrit de cet auteur américain étrange, père spirituel du fantastique et de l’horreur, dont les romans inquiétants et envoûtants font aujourd’hui partie de la bibliothèque classique de la SF. Le résultat, une exposition d’une incroyable diversité, permet de découvrir Lovecraft sans même le connaître : afin de faire perdurer l’impact original et fascinant de cette manifestation, Payot Libraire s’est associé à la Maison d’Ailleurs pour la diffusion exclusive [hors musée] du catalogue, offrant de plus à chaque acheteur un billet pour l’exposition – et tant pis si elle rend fou !
Lovecraft le mal-aimé
Il y a dans la signification du nom Lovecraft [« nef d’amour »] une force évocatrice dont le destin s’est fait un malin plaisir de n’accorder que le strict minimum à Howard Phillips Lovecraft. Né à Providence – autre ironie du sort – en 1890, il fut l’unique enfant d’un couple de commerçants établis, et aurait pu recevoir une éducation en rapport avec ses dons intellectuels. Son père mourut hélas en asile psychiatrique, alors que l’enfant n’avait que six ans. Brillant mais fragile et couvé par sa mère puis ses tantes, il ne mena à bien aucun diplôme et dut renoncer aux sciences qu’il adorait, la chimie et l’astronomie. Sa santé nerveuse précaire contrastait cependant avec la vigueur de sa plume, qui le fit remarquer, entre autres du fameux magazine Weird Tales [littéralement « Histoires à faire dresser les cheveux sur la tête » !]. Son instabilité - à peine tempérée quelques mois par un bref mariage - ses névroses aiguës sur fond de misanthropie paranoïaque, son inaptitude aux rapports sociaux, le coupèrent finalement du monde, alors qu’en revanche une correspondance forcenée avec nombre de spécialistes du fantastique et de l’horreur créait ce qu’on appela le « Lovecraft Circle », vivifié par plus de quatre-vingt mille de ses lettres ! En dépit d’une production littéraire aussi abondante qu’originale, dont le fameux cycle de Cthulhu, relativement peu d’amateurs connaissaient pourtant le nom de H.P.Lovecraft lorsque celui-ci, pauvre et usé par la dépression, mourut en 1937. Fidèles, deux écrivains réputés du « Circle », Derleth et Wandrei, prirent à cœur de publier l’immense fonds laissé par leur correspondant, ce qui permit à l’œuvre de Lovecraft d’accéder enfin à la notoriété qu’elle méritait, les auteurs de fantastiques actuels le reconnaissant volontiers pour leur maître.
Hallucination collective
Si la folie, qui mina sa famille, et l’angoisse devant de monstrueux univers inconnus guettant l’humanité sont les thème récurrents de l’œuvre de Lovecraft, l’onirisme, tout aussi perturbant, baigne également ses romans et particulièrement le fameux mythe de Cthulhu. Fragile physiquement et psychologiquement, Lovecraft se disait la proie de cauchemars, dont il notait les péripéties dès son réveil et qui ont été la matière première de ses récits. C’est ainsi qu’il laissa un « Livre de raison » [Commonplace Book], appellation rappelant la littérature médiévale pour un objet à vrai dire banal : un carnet de notes, noirci durant quinze ans [1919-1934] de 222 idées de roman, détails, rêves ou citations, destinés à être développées dans un récit mais ne le furent jamais. C’est sur l’idée de… Mix & Remix que Patrick Gyger, directeur de la Maison d’Ailleurs, a conçu cette « exposition qui rend fou », contactant finalement une centaine d’artistes de tous bords, des dessinateurs pour livres d’enfants aux grands spécialistes lovecraftiens, pour illustrer à leur guise une ou plusieurs de ces notes. Sobrement accompagnées de leur citation d’origine, ces œuvres – plus de cinq cents images ont été proposées - qui vont de l’illustration « classiquement » hallucinée au décalage complet, de l’humour noir au fantasque, sont signée H.R Giger, Rick Sardinha, Jeff Remmer, Paul Carrick ou John Coulthart, mais aussi… Tirabosco, Albertine, Cosey – et, bien sûr, Mix & Remix ! Toutes sont reprises dans le catalogue, une compilation étourdissante d’inspirations et de techniques qui compose un véritable et superbe « Livre de déraison ». C’est dire que les parfaits néophytes seront aussi captivés que les fins connaisseurs par l’univers protéiforme et sans frontières de Lovecraft, que des films, des animations et des jeux interactifs permettront par ailleurs de découvrir au Musée sous un jour différent – plus inquiétant, donc… On vous avait avertis ! |
* L’expo qui rend fou : Lovecraft et le Livre de Raison – Maison d’Ailleurs, Yverdon, du 28 octobre 2007 au 6 avril 2008