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Reprise des négociations au Proche-Orient


Manon Mouron
01 octobre 2010

Abandonnées en 2008, les négociations au Proche-Orient ont repris au début du mois de septembre à Washington dans un climat d’incertitude.


© dr

Abandonnées en 2008, les négociations entre les différentes entités du Proche-Orient ont repris au début du mois de septembre à Washington dans un climat d’incertitude, accompagné d’un scepticisme général porté par les médias du monde entier. Pourtant, le conflit israélo-palestinien, vieux de plusieurs décennies, semblait prendre une nouvelle direction lorsque les États-Unis ont sollicité une rencontre regroupant plusieurs chefs d’État du Proche-Orient directement liés au conflit par leur proximité géographique et leur histoire.

La réunion du 2 septembre 2010, à laquelle ont également participé Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahou, sous l’égide de Barack Obama, avait pour but d’esquisser une rapide reprise des négociations pouvant déboucher sur une solution à long terme. Le projet, celui de la création « définitive » d’un État Palestinien, semblait plausible, d’autant qu’il coïncidait avec le moratoire israélien sur les colonies en Cisjordanie. Malgré les peurs, justifiées, ressenties des deux côtés, cette rencontre a eu lieu dans un climat particulièrement calme, contrairement à la réalité quotidienne à laquelle nous a habitués cette partie du monde. La deuxième Intifada et la violence qu’elle développa semblaient alors lointaines, et il paraissait plus aisé de convenir d’un accord sur la création d’un État palestinien. Le président israélien lui-même s’est dit prêt à proposer un referendum dans son pays afin de parvenir à cet accord. Même le scepticisme qui a rythmé les rencontres, et les pourparlers plus récents, ne sont pas parvenu à empêcher de penser à un consensus envisageable, aussi bien d’un côté que de l’autre. Les Palestiniens de Gaza, grâce à ce gel des colonisations, ont même laissé espérer que le Hamas accepterait une cohabitation pacifique avec son voisin, pour autant qu’un traité d’indépendance soit ratifié.

Alors les poignées de main échangées, les promesses faites, l’image apaisée des partis extrémistes, ont permis de croire en la création de cet État, et en la promesse de paix qui lui est intrinsèquement attachée. Pourtant, le 26 septembre, Israël a lancé un pavé dans la mare en reprenant ses activités de colonisation en Cisjordanie. Ce nouveau coup dur – après un moratoire de dix mois – ne semble cependant pas avoir outre mesure perturbé Mahmoud Abbas. En effet, si ce nouvel événement ressemble fort à un énième enlisement du conflit, il semble que les règles du jeu aient évolué pendant ces dix mois, puisque les hautes instances politiques mentionnent désormais la nécessité de préserver les vies humaines. Le président Abbas cherche avec Benyamin Netanyahou un compromis qui leur permettrait de poursuivre les discussions en trouvant des accords. Ainsi, les dernières nouvelles font écho de solutions qui, si elles semblent compliquées – comme par exemple de garder les colonies en concédant néanmoins des parties territoriales à forte densité – restent des espoirs auxquels il faut se rattacher. Quoi qu’il en soit, le 4 octobre prochain, après la réunion de la Ligue Arabe au Caire, la réponse palestinienne devrait apporter des éclaircissements quant à l’avenir du processus de paix. Pour l’instant, Benyamin Netanyahou a résisté aux pressions de la communauté internationale et à celles, particulièrement pressantes, des États-Unis, dont la réputation semble d’ailleurs mise à mal par leur manière unilatérale d’entreprendre les négociations. Le président français Nicolas Sarkozy, qui a reçu Mahmoud Abbas, tout comme le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, a également regretté l’arrêt du moratoire entravant de fait un processus.

Le 4 octobre 2010 sera décisif, et les décisions prises à ce moment-là déterminantes, car ce processus de paix auquel tout le monde veut croire semble pour le moins vacillant. Reste à espérer que la pression internationale parvienne à imposer sa voix pour parvenir in fine à la ratification d’un traité permettant une cohabitation viable pour les deux peuples. I

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