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De pénibles efforts diplomatiques, encore sans effets, peuvent-ils sauver Gaza d’un conflit que tout semble au contraire entretenir ?

Il y aura cette année tout juste cinquante ans qu’un jeune ingénieur, sous-lieutenant de l’armée égyptienne durant la crise de Suez, fondait secrètement au Caire le Fatah, Mouvement national palestinien de libération. Ses hommes l’appelaient Abou Ammar, ses sœurs juste Yasser. Dans le parcours chaotique qui fit d’Arafat, terroriste anti-sioniste, un chef d’État et un Prix Nobel de la Paix, Gaza fut un exil parfois, un refuge souvent. Peut-être dans l’un ou l’autre des lieux réduits en cendres ces derniers jours par une bombe israélienne. Drôle d’anniversaire.
On ne peut en tout cas pas dire qu’Israël ait agit en catimini. Les derniers borborygmes de la très permissive administration Bush, la crise internationale menaçant certains financements, le changement mal engagé de présidence de l’Union Européenne, les tensions à l’Est et surtout la perspective des élections anticipées à la fin du mois ménageaient au gouvernement d’Ehoud Olmert une « fenêtre météo » dont il aurait été bête de se priver – la chance n’a qu’un cheveu… Les ballons-sondes arrivés à bon port, l’État hébreu pouvait donc s’offrir le luxe d’avertir Gaza urbi et orbi de ce qui lui pendait au nez, le risque étant plus nul que jamais de voir la communauté internationale s’offrir davantage qu’une vertueuse indignation. Y aller comme ça, en blindés et bombardiers contre des cailloux, pendant que tout le monde regarde ailleurs, ce n’est presque pas une guerre, et ça vous ressoude une unité nationale en deux tanks trois missiles. C’est d’ailleurs bien ce qu’ont pensé les responsables du Hamas qui, hors de tout bon sens, ont choisi de dénoncer le 19 décembre dernier le semblant de trêve auquel les Gazaouis épuisés pensaient pouvoir s’accrocher. Mais le Hamas a un goût prononcé pour le martyre, et ne songe donc qu’à une bonne action en offrant à la population de la bande de Gaza de diminuer un peu la pression démographique – près de quatre mille habitants au km², pas loin du record du monde [Monaco] – tout en gagnant son paradis. D’une pierre deux coups, le principe de l’Intifada…
Les adjectifs ne manquent pas pour décrire les positions follement dangereuses des deux camps, mais l’éternel recommencement des cercles vicieux sadiquement entretenus décourage. Révoltée bien que sans grands espoirs, l’opinion publique, qu’elle tienne pour l’un ou pour l’autre, vérifie une fois encore avec consternation que la haine irradiant de chaque particule de ce conflit sans fin est taillée, polie, lustrée par des intérêts cyniquement politiques, et que ces deux-là, couple maudit, ne vivent au plan stratégique que l’un pour l’autre, c’est-à-dire contre : que l’autre des populations, accidentellement ou en quasi-totalité, soit victime de ce diabolique tango est une blessure qui semble saigner davantage ailleurs que sur place. De même qu’on fait absurdement exploser les puits de pétrole en feu pour en éteindre les flammes, ne faudrait-il pas alors qu’une force extérieure se jette dans la mêlée pour créer une impensable union sacrée ? Du cheval de Troie au Débarquement, l’histoire a souvent démontré qu’un vrai coup de folie peut être décisif, tant sont peu imaginatifs ceux qui pensent tenir le couteau par le manche ! Mais la mollesse faussement affairée qui règne dans les coulisses diplomatiques ne laisse rien augurer de tel.
Aux insurmontables [vraiment ?] divergences qui rendent Israéliens et Palestiniens irréconciliables s’ajoute un élément perturbateur entretenu, en proportions variables, par les deux bords, et bien au-delà : le vocabulaire. Les raisons relèvent à l’évidence du lavage de cerveaux, qui poussent à appeler systématiquement « terroristes » les éléments armés du peuple palestiniens - alors qu’on les appellerait « soldats » si « l’ État » palestinien pouvait en être un - ou « mur de sécurité » ce qui punit cruellement une population civile sans défense. Et la fraude langagière n’est pas moins grave lorsqu’aux bombes de Tsahal sont opposées les simples « roquettes » du Hamas qui, telles les feuilles de salade dont elles portent le nom, « volètent » jusqu’au sud d’Israël – et tuent des innocents dans les rues, les marchés, les cours de récréation. Évidemment bien moins qu’une bombe larguée d’un Kfir sur une école ou un hôpital de Gaza, mais le principe en est-il plus estimable ? Et plus défendable le « programme » d’un mouvement qui se propose de rayer le peuple voisin de la carte, ce voisin-là fût-il un va-t’en guerre irascible et bien doté côté arsenal ? On en arrive ainsi à manipuler, comme autant de grenades dégoupillées mais avec beaucoup de désinvolture, des mots-images dont le sens, sur le terrain, est fort différent. À pulvériser dans le sang, comme « contrebande », le système D qui pousse à s’approvisionner où on peut – en armes, également – quand règne le blocus, à éliminer comme « terroriste » un parti politique étranger, certes condamnable, mais que ça plaise ou non élu, du moins selon les normes locales en usage. Et ainsi, d’euphémismes en contresens, on en vient sur la scène internationale à appeler défense l’attaque [Dobelyou, jusqu’au bout], « résolution » les vagues compromis dont six autres douzaines dorment déjà en paix dans les tiroirs de la Knesset, « cessez-le-feu immédiat » les bonnes intentions se manifestant avec juste une petite quinzaine de retard, ou « couloir humanitaire » un bout de route exempté de pilonnage le temps d’en griller une, pour que quelques idéalistes ridiculement peu équipés puissent aller se faire boucler eux aussi dans Gaza… Peut-on attendre mieux d’une communauté internationale qui utilise chaque jour le terme, cette fois honnête, de « Territoires occupés » sans plus se demander une seconde ce que cela signifie vraiment ? I
| 1) |
Théo Klein, Antoine Sfeir, L'archipel, Broché, 2008, 238 pages
Prix : CHF 35.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
René Backmann, Fayard, Broché, 2006, 305 pages
Prix : CHF 37.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Anne Brunswic, Actes Sud, Babel, Poche, 2006, 266 pages
Prix : CHF 12.20
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 4) |
Stéphane Amar, Editions Denoël, Impacts, Broché, 2008, 239 pages
Prix : CHF 26.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Jean Daniel, Editions Galaade, Broché, 2008, 859 pages
Prix : CHF 48.00
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 6) |
Susan Abhulawa, Buchet-Chastel, Broché, 2008, 422 pages
Prix : CHF 36.80
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 7) |
Hervé Elie Bokobza, Editions de l'OEuvre, L'oeuvre spirituelle, Broché, 2008, 221 pages
Prix : CHF 25.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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