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Puisqu’il n’y a pas de sot métier, pourquoi pas espion ? Tout le monde ne fera pas la carrière de 007, mais au moins ça change un peu, ça contribue à relativiser certains problèmes, et la retraite est confortable - bien qu’on ne la touche pas forcément. Mais il semble que pour certains, surtout les ex, les choses se gâtent avec une soudaine violence qui devrait en faire réfléchir plus d’un…

Le personnage a bénéficié de relations publiques remarquables, les meilleurs auteurs et acteurs s’étant bénévolement employés à promouvoir la profession : l’Aventure avec un grand « A », les équipements sophistiqués, la double vie (au minimum), les demoiselles qui papillonnent et, en sus, la gloire d’un job patriotique, il y a de quoi être tenté. Alexandre Valterovitch Litvinenko, par exemple, semble avoir cédé aux sirènes de l’ex-KGB (devenu FSB), qui avait reconnu ses jeunes mérites en le bombardant lieutenant-colonel à l’âge où d’autres rêvent encore d’être Ronaldo. Puis vint le désamour : la corruption ne lui plaisait pas, il ne voulait pas expédier Boris Berezovsky, il trouvait Anna Politkovskaïa utile, et les Tchétchènes à plaindre… Son compte était bon.
Five o’clock fatal
Émigré en 2000 à Londres, il a tout de même survécu six ans, protégé par un Berezovsky reconnaissant, mais un mystérieux rendez-vous avec « des amis qui lui voulaient du bien » [comme dans les SAS] et une collation de sushis ont scellé son destin : empoisonnement au polonium 210, une substance que découvrit et baptisa Marie Curie en 1898. Léger - un microgramme peut suffire - mais fatal. Et dans un SAS ça peut marcher. Mais dans la réalité, est-ce bien raisonnable ? Car cette matière ruineuse, hautement radioactive, ne se volatilise pas si facilement : non seulement le sushi bar, mais le métro, les taxis et même les avions qui véhiculèrent le[s] exécuteur[s] en sont marqués ! Scotland Yard en recherche les autres passagers, soit quelques dizaines de milliers de témoins potentiels. Plus deux, authentiques, des ex-KGB eux aussi, toujours en Russie mais qui souhaitent parler en anglais de feu leur ami rattrapé par un complot. Le Yard a illico dépêché à Moscou des agents, qui vont avoir besoin de tout leur flegme : l’un des repentis, Logouvoï, est soudain hospitalisé, on ne sait pourquoi mais c’est si grave que les médecins le gardent au chaud ; l’autre, Trepachkine, est en prison pour délit de langue trop bien pendue. On imagine la suite… [à laquelle il faudra bien s’habituer, le style KGB si porté dans le bloc ex-soviétique intégrant ipso facto l’UE par la grande porte des adhésions !]
Pourquoi faire simple
De quelque côté que se tournent enquêteurs officiels ou accusateurs moins objectifs, on n’a donc affaire qu’à un mauvais roman. Le Kremlin voulait-il se débarrasser d’un traître qui brassait trop d’air ? Des opposants – pas forcément identifiés – veulent-ils nuire à l’image internationale de Poutine, accusé nommément ? Lequel voudrait, par personne interposée, la peau de Berezovsky ? Les diverses mafias qui pourraient être en cause agissent-elles pour leur compte ? Ou sont-elles manipulées ? Les banques d’affaires, où on meurt beaucoup aussi, sont-elles en cause ? Et la Tchétchénie ? De toute façon, une longue pratique des uns comme des autres dans l’art de l’élimination colle peu avec un meurtre dont on voit mal comment il aurait pu être moins subtil ! Il est vrai aussi qu’à partir d’un certain niveau de puissance, il devient inutile de trouver des alibis pour faire discret : ainsi la Russie vient-elle d‘extorquer à Shell une part non négligeable de ses parts sur l’exploitation du gaz de Sakhaline, en compensation de « dommages écologiques », ce qui est presque drôle quand on sait ce que peut polluer une bonne vieille usine à lacets dans ce grand pays… Certes, un faisceau d’indices convergeant trop facilement vers un seul coupable est louche. Mais la production de polonium 210 nécessite tout de même un accélérateur de particules, sinon un réacteur nucléaire, ce qui ne se trouve pas dans l’arrière-cuisine d’un simple comploteur, et désigne très [trop ?] clairement une instance de nature étatique. D’un autre côté, cette substance laisse des traces fluo partout où il ne faudrait pas, ce qui fait un peu amateur. À moins que l’embrouillamini induit par cette ubiquité radioactive décourage tout le monde, et que l’histoire se termine en queue de pois[s]on.
Occasions manquées
Bref, à part « L’épidémie terroriste » d’anthrax aux États-Unis [un mort tout de même] suite au 11 septembre, rares sont les exemples de script si mal bâti, ce qui est une grave négligence compte tenu du nombre de bons scénaristes qui végètent. La seule chose qui soit sûre, c’est que pas un romancier digne de ce nom n’oserait bidouiller un thriller qui affiche autant d’intrigues sans pouvoir en assumer aucune. Dommage, car il y avait au moins deux bonnes pistes à exploiter. L’une est que polonium se trouve aussi [en quantité certes infime, mais il suffit d’abuser un peu] au revers des feuilles de tabac, ce qui permet d’occire l’ennemi en lui offrant une banale clope, au lieu d’un snob sushi qui se fait remarquer tout de suite. L’autre est que, ainsi intoxiqués, les espions vont se mettre à briller la nuit, ce qui facilitera bien des choses pour Bond – James Bond…
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Ian Fleming, Robert Laffont, Bouquins, Etui, 2003, 1747 pages
Prix : CHF 114.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Robert Littell, Buchet-Chastel, Buchet/chastel, Broché, 2003, 904 pages
Prix : CHF 36.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
John Le Carré, Seuil, Broché, 2003, 413 pages
Prix : CHF 34.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Robert Ludlum, Grasset & Fasquelle, Grand format, Broché, 2006, 391 pages
Prix : CHF 35.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
John Le Carré, Seuil, Broché, 2001, 380 pages
Prix : CHF 33.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 6) |
Deon Meyer, Seuil, Policiers, Broché, 2005, 422 pages
Prix : CHF 33.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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