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Du 7 au 18 décembre prochains, le sort écologique de la planète se jouera à Copenhague, malgré des dés pipés et des stratégies éventées.

« Si tu ne fais rien moi non plus » : c’est avec ce genre de tactique digne de La guerre des boutons que les plus hauts dignitaires de ce bas monde vont empoigner les discussions climatologiques sur l’après-Kyoto [qui ressemble d’ailleurs comme deux gouttes d’eau à l’avant-Kyoto]. On savait depuis le début que si les États-Unis et la Chine ne s’engageaient pas publiquement sur les chiffres de la réduction des gaz à effet de serre, les autres en feraient évidemment autant, c’est-à-dire aussi peu, et que la conférence de Copenhague serait donc un échec avant même d’avoir commencé. De là, on ne pourra qu’avoir de bonnes surprises, les déclarations volontaristes des deux plus lourds pollueurs du monde pouvant éventuellement offrir à certains pays européens, voire certains pays en voie de développement, l’occasion de faire une petite démonstration innovante… Mais, globalement, on sait déjà que 2012, échéance du protocole, ne sera pas catastrophique qu’au cinéma : loin de diminuer de 5,2% comme convenu, les émissions mortifères ont augmenté partout, et jusqu’à 50%, sauf en Europe du Nord. En matière de lutte contre le réchauffement climatique, la politique qui a irrémédiablement failli compte sur les particuliers pour amortir le choc. Faudrait pouvoir.
Télescopage de nouvelles et d’études s’ingénient en effet à dégonfler au fur et à mesure tout ce qui pourrait ressembler à un encouragement, une amélioration, un projet, juste une bonne idée même. C’est la première fois depuis 1940 que baisse la consommation mondiale d’électricité issue d’énergies fossiles ? Ne nous réjouissons pas, c’est dû à la crise et aux fermetures d’usines, voire, pour une infime portion, aux économies forcées des gens ainsi mis au chômage ou chassés par les saisies de maisons-subprimes [vu qu’on consomme moins sous un pont que dans un six pièces truffé d’appareils ménagers et de bidules électroniques en stand-by]. Des statistiques sur le sujet démontrent que la Chine a un indice d’innovation élevé en matière de développement durable ? On peut s’en réjouir avec Dimitri Caudrelier, frais émoulu de l’EPFL et auteur de 100 pionniers pour la planète, qui a découvert là-bas des projets originaux, efficaces et rentables. Mais ces indices signalent la progression, forcément spectaculaire puisque le Céleste Empire, deuxième pollueur de la planète, partait d’un niveau souterrain… De même, le récent classement ESI [Environmental Sustainability Index] établi par Yale University, Columbia University et le World Economic Forum de Genève, présente parmi ses champions verts les pays prospères et convaincus : la Scandinavie, la Suisse ou le Canada, mais aussi des pays d’Amérique Latine ou d’Afrique qui ne polluent pas… faute d’industrialisation.
Et la douche n’est pas moins écossaise pour le simple citoyen. Les énergies solaire ou éolienne, propres et éternelles, riches en outre d’un imaginaire agréable – ah, se chauffer avec des levers de soleil, s’éclairer d’alizés ! – remportent intuitivement l’adhésion, mais les enthousiasmes se refroidissent plus vite que les côtes des Kerguelen. Planté en terre ou en mer, un champ d’éoliennes peut être d’une époustouflante beauté, il suffit de prendre le ferry entre Rostock et Copenhague pour s’en convaincre. Mais ces mouettes géantes aux pales parfois grinçantes indisposent fréquemment voisins et esthètes, auxquels le système démocratique à l’occidentale donne des armes dont il est fait abondant usage : le bien commun, l’écologie, la planète, oui, mais hors de ma vue. Moins outillé politiquement, un pays comme le Malawi a en revanche laissé toute latitude à un ingénieux garnement comme William Kamkwamba, 21 ans, le Boy Who Harnessed the Wind [le « garçon qui a passé la bride au cou du vent »], qui depuis quelques années présente et enseigne en Afrique la fabrication hyper-artisanale de petites éoliennes en débris de bois et de plastique et vieilles roues de bicyclette, un espoir d’électricité durable qui se conjugue même avec le recyclage des déchets ! Mais cet enthousiasme sans contrepartie est rare. Ainsi la géothermie, qui s’approvisionne pourtant directement au centre de la terre pour faire cuire nos œufs à la coque, commence déjà à poser des problèmes aux ingénieurs, confrontés en certaines régions à des boisseaux de trompes thermiques audacieusement fichées dans le sol – pile à l’endroit où tel tunnel de métro ou gaine technique pensait s’implanter : les particuliers adeptes du geyser domestique ont du souci à se faire. Mais ils ne seront pas les seuls…
Bizarrement, c’est l’activité agricole dans son ensemble qui génère les plus grosses émissions [20 à 30%] de gaz à effet de serre. Or les paysans ne sont pas les derniers à souhaiter s’impliquer : biogaz issu des déchets d’élevage et d’agroalimentaire pour certains, panneaux solaires pour d’autres [leurs toitures semblent avoir été inventées pour ça], permettent la production d’électricité verte utilisée directement, mais aussi réinjectée dans le circuit commercial. Plutôt réjouissant, même dans un pays comme la Suisse, voué au veau d’or plus qu’au veau du Simmenthal, et dont 4,6% seulement de la population se lève dès potron-minet pour sauter dans des sabots. Mais c’est trop beau pour être vrai : les procès-verbaux de conseils communaux débordent d’oppositions de concitoyens ou de gardiens du patrimoine [une belle ferme fait facilement ses deux petits siècles] qui trouvent que, parmi les tuiles, ces carreaux de verre bleu ou brun cépâbô. Et pour ce qui est du rachat à prix coûtant aux particuliers, le fond de 17 millions de la Confédération, censé couvrir les achats de courant vert privé pendant plusieurs années, on oublie : il s’est épuisé en six mois et ne sera pas renouvelé avant longtemps – preuve que certains fonctionnaires voués aux estimations stratégiques ne sont pas des lumières…
Des panneaux photovoltaïques, d’ailleurs, il n’y en aura peut-être bientôt plus : le métal rare dont ils sont tributaires, l’indium, sert également à la production des écrans plats à LED. Le prix de l’In49 a donc augmenté de 200% en quelques années, et comme il en faut moins pour un écran que pour un panneau, que le lobby de l’écran est plus lourd et persuasif que celui des panneaux, et qu’il y a davantage d’intérêt pour un écran que pour un panneau quand on est simple locataire et/ou fervent du sport-spectacle, la conclusion s’impose d’elle-même. Un jour ou l’autre, certains détenteurs de ces rectangles à images découvriront d’ailleurs dans la salle d’attente des urgences que leur appétit de platitude a également – et dans l’indifférence générale – provoqué l’assèchement spéculatif de l’approvisionnement en In49 des appareils d’imagerie médicale, qui en ont un besoin vital. Mais il sera trop tard.
| 1) |
Kamkwamba, William Mealer, Bryan, Harperluxe, Paperback / softback, 2009
Prix : CHF 0.00
Parution: 10-2009
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 2) |
Dimitri Caudrelier, Matthieu Roynette, Jean-Claude Lattès, Broché, 2009, 356 pages
Prix : CHF 34.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Jacques Vernier, Presses Universitaires de France - PUF, Que sais-je ?, Poche, 2009, 127 pages
Prix : CHF 16.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Aurélien Bernier, Mille et une nuits, Essai, Broché, 2008, 163 pages
Prix : CHF 23.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Gunter Pauli, Editions Quintessence, Conscience & création de valeurs, Broché, 2007, 223 pages
Prix : CHF 29.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 6) |
Julien Rebillard, Alban Editions, Durablement, Broché, 2008, 169 pages
Prix : CHF 28.80
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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