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Contre la politique de la tête dans le sable, divers organismes tentent de dénoncer les dérives et le coma artificiel vers lequel plonge l’idéal démocratique…

Dieu sait qu’on a signé des tas de trucs, protesté dans la rue [ou du moins à la cafétéria], rouspété haut et fort devant le TJ et les « unes » quotidiennes contre le scandale de Guantanamo, bagne américain hypocritement délocalisé sur une vieille base navale cubaine squattée. Que ce genre de chose existe en Birmanie, au Turkménistan ou en Corée du Nord, on s’était fait une raison, assez facilement même. Mais pas les États-Unis, pas eux ! L’une des plus anciennes démocraties du monde ! Le pays de Lincoln, du Débarquement, de Joan Baez !
Et voilà qu’aujourd’hui, alors que Barack Obama décide de fermer l’infamante colonie et de répartir de par le vaste monde ses pensionnaires non inculpés [rien obtenu en six ans de torture, ce n’est pas glorieux], voilà que le poulailler bat en retraite dans un grand caquetage dilatoire : « On disait ça comme ça… Faut voir… Qui sont ces types, au fond ? » La Suisse, qui avait combattu en son temps, a bravement assumé fin janvier : on acceptera peut-être trois ex-prisonniers, à condition qu’ils soient innocents et, si possible, ni barbus ni bronzés ni revanchards ni cintrés [et pourquoi diable le seraient-ils après un tel séjour ? Cuba, ses plages, ses golfs, ses langoustes…] Si présentables, en fait, qu’ils pourraient aussi bien s’installer à Gstaad ou Montreux en suivant simplement la procédure normale. Léger, l’effort humanitaire suisse, s’étranglent quelques idéalistes incorrigibles. On peut mesquinement leur répondre que l’Union Européenne n’a pas encore proposé mieux – c’est, curieusement, l’argument de ceux qui placardaient il y a peu une volière de pigeons carbonisés sur tous les murs. Ou, au contraire, qu’il vaut mieux ne pas fâcher les Américains maintenant, rapport aux menaces sur l’UBS : les malveillants qui l’on supputé ont eu depuis la preuve que ce foireux calcul valait autant qu’un emprunt russe chez Madoff.
C’est que, dans l’intervalle de nombreux pays occidentaux, tandis que leurs citoyens s’indignaient de la dérive américaine, adoptaient de leur côté des mesures qui les rapprochaient fâcheusement des techniques de l’Oncle Sam. Lesdits citoyens n’ont pas trop remarqué, mais les spécialistes du droit, si. Leur ONG, la Commission internationale des juristes [CIJ], à Genève, a publié le 16 février 2009, dans un lourd silence, un impitoyable rapport sur les violations du droit sous couvert de lutte anti-terroriste. Étrillant équitablement tous les États dits civilisés – les Etats-Unis en tête, leurs satellites, la quasi-totalité de l’UE et… oui, aussi – qui, après le 11 septembre, ont allègrement piétiné les conventions internationales, le droit et la démocratie, la Commission dénonce aussi bien la peur irrationnelle, peu compatible avec la responsabilité politique, que le prétexte saisi par certains gouvernements pour resserrer des boulons personnels. Car, dit en substance la CIJ, l’arsenal existant était partout suffisant pour lutter contre le terrorisme, le surplus [des expulsions arbitraires aux dérogations pour la torture] n’étant donc que démagogie et abus de pouvoir, au mépris non seulement des populations concernées mais des principes démocratiques dont ces pays aiment portant à se dire le flambeau. Tout ça pour se dédouaner face à Washington. À qui, insinue le CIJ, on ferait mieux de faire grief de cette dramatique érosion du droit et des garanties constitutionnelles que des quelques malheureux trillions de dollars évaporés dernièrement...
Ainsi dénoncés, les États de l’UE auraient pu jouer les vierges offensées le temps qu’on parle d’autre chose : ils étaient au contraire pris la main dans le sac. La Commission européenne a pourtant bien failli réussir son coup, n’était la curiosité excessive du président français de la CNIL [Commission nationale de l’informatique et des libertés] et, pendant qu’on y est, du G29. Qui n’est pas un jeu vidéo, mais un organe européen indépendant de contrôle des données et de la vie privée. On attendait sans doute de ce M. Türk qu’il se réjouisse que l’UE, consciente d’un vieillissement prématuré pour cause d’Internet, envoie un groupe d’experts plancher sur une révision globale des directives de 1995 quant aux données personnelles ou officielles, leur gestion et leur protection. Problème : le groupe mandaté est composé essentiellement de spécialistes américains ou représentants d’intérêts américains, il ne compte qu’un Européen et aucun représentant de la société civile. Le G29 tente vainement de comprendre en quoi la conception de liberté individuelle ou de protection de la sphère privée contre les interconnexions de fichiers peut être familière à des « experts » dont le pays ne dispose ni de législation ni de contrôle dans ce sens, et dont les dérapages laissent mal augurer de leur sensibilité aux prudences européennes. Réponse officielle : à bas les curieux, pour en finir avec les questions oiseuses le site de l’UE a supprimé la liste de ses experts-lobbyistes. Ça rappelle le gars de Tchernobyl qui pensait qu’en arrêtant la sirène… L’Europe obamaniaque ne semble pas y voir malice, mais le G29 est têtu, et pourrait même finir par reconnecter quelques neurones citoyens [Alex Türk, Liberté menacée, à paraître en avril 2009]. Quant aux Eurodéputés, toutes proportions gardées, ils devraient se souvenir qu’en 1937 Hitler a décoré l’industriel américain Thomas Watson, directeur d’IBM, dont la filiale allemande avait fourni au régime nazi les systèmes de comptage à cartes perforées destinés à un recensement de la population. Dont il fut aisé ensuite d’extraire les données concernant les citoyens juifs, et de recycler l’efficacité dans la gestion des camps… I
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Françoise de Blomac, Thierry Rousselin, Carnets de l'Info/Scrinéo, Broché, 2008, 253 pages
Prix : CHF 25.60
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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Solveig Godeluck, Editions La Découverte, Cahiers libres, Broché, 2002, 250 pages
Prix : CHF 31.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Claude-Marie Vadrot, Seuil, L'histoire immédiate, Broché, 2007, 251 pages
Prix : CHF 30.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Solveig Godeluck, Editions La Découverte, Cahiers libres, Broché, 2002, 250 pages
Prix : CHF 31.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
George Orwell, Editions Gallimard, Folio, Poche, 1972, 439 pages
Prix : CHF 13.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 6) |
Patrick Le Guyader, Hermes Science Publications, Business, économie et société, Broché, 2008
Prix : CHF 62.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 7) |
Danièle Archibugi, Louis Lourme, Cerf, Humanités, Broché, 2009, 81 pages
Prix : CHF 28.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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