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Le 4ème tome du Guide artistique de la Suisse détaille les richesses du patrimoine romand : des découvertes à faire au coin de sa rue !

Alors que les Monuments Historiques, en France, ou le Patrimoine mondial de l’UNESCO sont connus de tous, la Société d’histoire de l’art en Suisse (SHAS) n’est pas familière au grand public, ce qui est à la fois grand dommage et grande injustice, car voici plus de cent trente ans que cet organisme recense, protège et fait connaître les trésors helvétiques ! Né à Zofingue en 1880, il témoigne du souci des passionnés d’arts et de culture (dont l’architecte vaudois Maurice Wirz) devant les bouleversements induits par l’industrialisation, l’urbanisme, le tourisme et les transports, tous facteurs de progrès, mais aussi de dégâts aux paysages et aux bâtiments, voire à l’identité culturelle. Déjà…
Il y avait certes alors cinquante ans qu’en France les Monuments historiques travaillaient à la conservation de biens lorsque fut fondée la SHAS, mais finalement ce n’est qu’en 1964 à Abou Simbel que l’UNESCO envisagea une convention protégeant le patrimoine mondial : preuve que la patrie de Tell fut sur ce plan, sinon novatrice, du moins aux avant-postes européens de la politique culturelle. Ce qui n’est pas forcément l’impression dominante dans l’imaginaire collectif – mais la parution du quatrième volume du Guide artistique de la Suisse est une excellente occasion de réviser son jugement !
Cette publication, entreprise en 2005, figure en bonne place dans le très vaste catalogue de la SHAS, dont la « pub » des richesses artistiques et culturelles suisses est l’une des activités principales depuis toujours. Reliés d’un rouge vif, ces guides allongés se veulent résolument pratiques, et l’érudition précise de chaque rubrique va de pair avec un style très simple et, surtout, une grande facilité d’accès. Par canton, tous les lieux recelant des curiosités dignes d’intérêt sont répertoriés : il suffit de savoir où l’on est, et la bonne page révèle aux habitants comme aux visiteurs mille et un détails devant lesquels ils risquaient de passer sans rien remarquer ! Rien n’est trop anodin pour le Guide artistique, qui s’intéresse aussi bien aux monuments qu’aux détails de demeures privées – une belle cage d’escalier suffit à l’attirer – ou aux bâtiments agricoles, pourvu que cela soit beau, typique, unique ou simplement curieux. Ainsi ajustés sans autre priorité que l’ordre alphabétique, ces éléments majestueux ou modestes composent peu à peu la réalité d’un paysage culturel riche, varié, stimulant et… bien entretenu !
Des preuves ? Que l’on glisse dans son sac à dos ou son coffre à gants ce volume 4a fraîchement publié : après avoir exploré le Nord-Est du pays, les Alpes et l’Engadine puis l’axe Bâle-Berne, voici que le Guide artistique se passionne pour la Suisse romande ! Le « a » correspond au découpage étudié du terroir : Genève, Vaud, Neuchâtel, le Jura et le Jura bernois (déjà traité dans le tome précédent, mais repris ici en français pour sa partie francophone) y sont explorés dans les moindres recoins, des cryptes voûtées aux tourelles graciles et aux complexes sportifs, de l’Antiquité au xxe siècle ! Le « b », consacré au Valais et à Fribourg, cantons catholiques et bilingues, est annoncé pour octobre 2011. En attendant, le feuilleter c’est l’adopter, car ce Guide romand tout neuf et débordant de savoir partagé s’intéresse avec passion à ce qui fait notre décor habituel – donc mal connu. Au fil des notices se révèlent l’originalité et la valeur de cet environnement banalisé par le quotidien ou l’absence d’indication : lacune comblée, d’Aclens à Yvorne, par Fleurier et par Gryon, « entre Denges et Denezy » comme pour le Soldat de l’Histoire, nulle beauté ne restera désormais ignorée ou anonyme.
Pour info, on trouvera page 250 une notice sur le n° 1 de la rue de Bourg, à Lausanne, expliquant que cet immeuble fut dessiné par le fameux architecte Alphonse Laverrière en 1911 pour la première grande Librairie Payot… Décidément indispensable, ce Guide !