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The Lost Symbol, le dernier thriller de Dan Brown, paraît ce 15 septembre sous haute protection : l’éditeur a parié sur cinq millions d’exemplaires… et la version numérique simultanée !

Embargo mondial jusqu’au 15 septembre 2009 : barricadé dans ses caisses scellées, stocké sous vidéosurveillance, The Lost Symbol, le nouveau roman de Dan Brown, aura défié jusqu’à la fin la curiosité de ses lecteurs – et même des autres ! Selon un mécanisme maintenant bien réglé, car il semble que nul best-seller ne puisse plus se vendre normalement, ses cinq millions d’exemplaires ont été harmonieusement répartis sur la planète afin qu’au douzième coup de minuit les aficionados du monde entier puissent se jeter sur cette nouvelle aventure. Précaution un peu cynique peut-être si l’on considère que l’auteur ballade ses fervents depuis plus de quatre ans avec son manuscrit sans cesse remis sur le clavier, mais il serait bien surprenant que quiconque lui tienne rigueur de ce léger report – seul compte le résultat… Les admirateurs de Robert Langdon, historien à Harvard, ont cependant intérêt à ne pas manquer le rendez-vous, car leur héros n’est pas là pour longtemps !
24 heures chrono ? Pfff : c’est en la moitié de ce temps que l’imperturbable professeur de symbolique résoudra en effet les énigmes de cette troisième aventure, connue des spécialistes comme « La clef d’Hiram », son titre provisoire durant ses années de gestation. Mystérieux à souhait, ce roman [qui fait suite, non à Anges et démons mais au Code da Vinci, les deux ouvrages étant parus en français dans le désordre] surfe entre construction du Capitole de Washington, ésotérisme et loges maçonniques – on n’en dira pas davantage, embargo mais surtout plaisir de la surprise obligent ! Les impatients qui ont passé leur été vissés à leur écran pour « craquer » les codes des formidables jeux-devinettes officiellement lancés sur Twitter et Facebook en guise de hors-d’œuvre se sont bien amusés – mais n’en savent finalement pas davantage…
Si la petite comédie de la mise sous embargo n’est plus vraiment originale, le lancement de The Lost Symbol réserve pourtant une surprise de taille : Random House Knopf Doubleday, remisant bravement ses craintes de cannibalisme – la vente par centaines de milliers d’exemplaires grand format est une aubaine que l’édition américaine ne peut tout simplement pas s’offrir le luxe de laisser échapper – a sauté le pas et annoncé le lancement simultané de la version numérique du roman : une audace commerciale qui ne passe pas inaperçue dans le contexte actuel de mise sur orbite effective des readers de toutes tailles et capacités. Cinq modèles performants ont été [pro]mis sur le marché ce dernier trimestre, et Apple, dixit le Financial Times qui ne rigole pas avec ça, mijote sa version perso de la chose… mais là encore, silence radio, décidément c’est une manie !
Ainsi propulsé, The Lost Symbol peut donc espérer un avenir aussi brillant que son glorieux prédécesseur le Code da Vinci, qui avec ses quatre-vingt-un millions d’exemplaires en une cinquantaine de traductions [plus les pirates] détient le record mondial des ventes de roman pour adultes. Hélas, les lecteurs non anglophones devront attendre encore quelques semaines leur version française, annoncée par Lattès pour le 26 novembre. Après cinq ans d’attente, ce n’est plus grand-chose… Mais le plus difficile sera de fermer yeux et oreilles aussi souvent que nécessaire pour éviter les articles, chats, émissions et autres guides explicatifs [ils paraîtront une quinzaine avant le roman !], qui se feront un malin plaisir de distiller intrigues et critiques au risque de gâter le plaisir délicieux de la découverte et le stress irremplaçable d’une course-poursuite haletante et bien ficelée !
Le plus simple reste en fait de s’y attaquer directement en anglais, armé d’un bon dictionnaire et de provisions de pop-corn…