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Bogotá, élue Capitale mondiale du livre 2007 par l’UNESCO, s’est dotée d’un ambitieux programme d’action en faveur de la lecture, dont en Suisse l’association Alplandes et Payot Libraire sont partenaires. Quatre mois après le lancement, premier bilan !

La lecture, et plus généralement la culture, comme vecteur de développement individuel, d’intégration sociale et de paix, telle est la philosophie qui sous-tend une action de longue haleine initiée dès le début du millénaire par la mairie de Bogotá. Une politique volontariste qui, sur le plan international, a impressionné l’UNESCO au point de désigner la ville « Capitale mondiale du livre 2007 », et en en Suisse a galvanisé un petit groupe de personnes ayant des attaches personnelles avec la Colombie. Sous l’impulsion de Gisèle Albrecht et Caroline Alvarez, deux amies d’origine colombienne, s’est créée à Lausanne l’association Alpandes de soutien au projet, dont Payot Libraire et ses clients sont rapidement devenus partenaires grâce à l’opération « Aider Lire ». Objectif : financer pour la nouvelle bibliothèque de Bogotá, qui ouvrira en 2008, un fond de 10'000 livres pour enfants !
VIVRE LIRE
Loin d’être une Xième généreuse goutte d’eau dans un océan sans fond, l’action très précisément ciblée d’Alplandes s’inscrit dans un programme lui aussi très clair, Biblored, auquel sa contribution non négligeable donnera un relief tout particulier. Biblored, créé en 2001, est le réseau des bibliothèques publiques de la capitale colombienne, soit seize bibliothèques de quartier et trois « méga-bibliothèques » – la quatrième, parrainée par Alplandes, est en construction – à vocation de centres culturels. Partant de moins que rien, Biblored a tourné l’indigence passée des services publics en chance pour le réseau, qui n’a pas eu à convertir de vieilles installations ni de fonctionnaires encroûtés pour poser ses bases ! D’où l’impressionnant modernisme de l’ensemble, et particulièrement des méga-bibliothèques : immenses, dessinées par de grands architectes colombiens, elles sont édifiées entre parcs et plans d’eau dans des secteurs pauvres de la capitale, qui a entièrement réhabilité ces quartiers pour leur offrir des « palais de la lecture » d’une élégance et d’une importance que biens des grandes cités occidentales peuvent envier. Sans regarder aux moyens, les autorités de Bogotá ont en effet voulu donner une envergure frappante au projet, montrer que la lecture, donc la culture, ne s’arrêtait pas aux portes des bidonvilles, tout en créant des pôles architecturaux autours desquels la vie des quartiers se réorganise et se pacifie. Moins spectaculaire mais tout aussi essentiel, le véritable tour de force est de susciter, par l’attrait et l’activité des lieux, l’envie pour tout un chacun d’y entrer, même si la pauvreté et la violence qui minent la ville y semblent peu propices. C’est que la politique culturelle en la matière est à la hauteur de l’ambition esthétique : publiques, gratuites, dotées de solides moyens informatiques, de milliers de places de lecture et de centaines de milliers d’ouvrages destinés au prêt, les bibliothèques accueillent les citoyens de Bogotá dès leur naissance, puisque les parents reçoivent carnet d’inscription et livres pour tout-petits à la maternité déjà ! Dès leur prime enfance, les jeunes lecteurs sont accueillis lors d’animations, puis à l’âge scolaire vont à la bibliothèque faire leurs devoirs et suivre des ateliers de jeux ou d’expression, avant d’y fréquenter durant leurs études ou leurs loisirs les nombreuses salles de conférences ou de spectacles – et, bien sûr, d’y lire les chefs-d’œuvre de la littérature au bord d’un bassin murmurant ou à l’ombre des arbres dans le parc…
VENIR LIRE
Plus important encore, les jeunes ainsi naturellement familiarisés avec la lecture et la bibliothèque y attirent les adultes, femmes et personnes plus âgées surtout, d’abord intimidés puis séduits par la variété des activités proposées. Résultat : sur les huit millions d’habitants de la capitale, cinq millions de visites sont enregistrées annuellement dans les bibliothèques municipales ! Fiers de « leur » institution, les quartiers proches des bâtiments ont même tendance à s’autogérer pour davantage d’ordre, de salubrité et de tranquillité. Biblored est tout simplement en train de remporter son téméraire et ambitieux pari ! La municipalité progressiste actuelle, qui soutient le réseau des bibliothèques de quartier, a spectaculairement réussi à intéresser de généreux donateurs à la réalisation et à l’équipement des méga-bibliothèques. Des fondations internationales, comme la Bill & Melinda Gates Foundation, aussi bien que de riches familles colombiennes s’investissent régulièrement dans le projet : mise en chantier par le maire Lucho Garzón au printemps 2007 pour l’inauguration de Bogotá Capitale mondiale du livre, la quatrième méga-bibliothèque portera ainsi le nom de son mécène, le richissime homme d’affaires colombien Julio Mario Santo Domingo, dont la fondation de famille vient également de sponsoriser l’Universidad de Los Andes. Destinée au service d’une zone d’environ 1,2 million d’habitants, la nouvelle Biblioteca Pública sera, comme ses trois sœurs, agrémentée d’un parc et de diverses infrastructures de centre culturel ; elle offrira, sur 7'000 m² de bâtiments, 600 places de lecture et quelque 150'000 livres, destinés au prêt ou à la consultation.
AIDER LIRE
Le fonctionnement très satisfaisant des partenariats public/privés a donc incité les appuis helvétiques au projet à se constituer en association, afin de s’insérer efficacement dans l’ensemble : Alplandes était née, avec pour raison d’être la réunion, auprès d’entreprises en Suisse, de CHF 300'000 francs permettant à la future méga-bibliothèque l’acquisition de 10'000 ouvrages pour la jeunesse. Cette collection de base constituera près du dixième du fond total de l’institut, et verra ses frais de conditionnement et de catalogage couverts par la donation. L’intérêt social et culturel d’un tel projet, ainsi que sa magnifique ambition pour la promotion de la lecture, ne pouvaient que séduire Payot Libraire, aussitôt devenu partenaire d’Alplandes et de Biblored par le biais d’Aider Lire, une opération dynamique… impliquant ses propres clients ! C’est en effet le bénéfice de la vente de produits liés au livre - et issus du commerce équitable - que Payot, depuis le printemps et jusqu’à la fin de l’année 2007, reverse au programme Alplandes, tout en proposant à ses clients des brochures d’information sur Biblored et les possibilités de dons personnels. Cet engagement, dont les deux parties sont enchantées, a d’ores et déjà porté deux fruits : non seulement le fond Alplandes approche du cap des 2/3 de son projet financier, mais la qualité de son double partenariat, avec Biblored et avec Aider Lire, vaut à l’association lausannoise comme à Payot d’avoir été sélectionnés par la fondation Philias pour sa plateforme Humagora 2007 ! En novembre, Alpandes et Payot Libraire seront donc présents à la manifestation de Genève, parmi les 28 projets de partenariat élus pour leur mise en valeur de la responsabilité sociale des entreprises. Nul doute que l’objectif , avec la contribution - toujours ouverte - de chacun, ne soit finalement atteint, égalant l’ambition de Biblored sur le terrain : alors qu’à Bogotá les arrêts de transports publics intègrent des caissettes contenant des livres en prêt pour les passagers, d’autres régions de Colombie se piquent au jeu au point de faire convoyer les bibliothèques ambulantes à dos de mulet dans les régions de montagne – les enfants de Garcia Marquez et de Vallejo ont toujours eu du courage et une belle imagination ! I